Mission encre noire

Mission encre noire parle de littérature tous les mardis soir en direct à 19h00 sur Choq.ca et vous donne l'envie de lire

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Tous les épisodes

Mission encre noire 29 juin
Émission du 29 juin 2021
Mission encre noire Tome 31 Chapitre 362. Noir Métal de Sébastien Chabot paru en 2021 aux éditions Alto. La tête d'un lièvre explose sous les roues d'un Dodge Caravan 1986, Un corbeau se fait percuter, plus tard par un train routier, une femelle coyote se fait aplatir par un camion Robert Transport de couleur jaune, seul Sebastian arrive à traverser la route 132 sans encombre. Sainte-Florence, un village du Bas Saint-Laurent, prend des allures de Twin Peaks, alors qu’un jeune homme rentre d’un séjour difficile en centre jeunesse. Knut Sebastiansen, dit le Général, grand prêtre du mystérieux groupe Vita Cirkeln, qui scandinavise ses initiés, dirige d’une main de fer l’une des principales ressources économiques de la région : l’usine de pelles Skovlar. Sebastien Andersen ne parle pas, il laisse sa musique de black métal et sa fascination pour les animaux mort en états de décomposition le faire à sa place. Ailleurs, en dessous du pont du village, une écrevisse géante menace des ados de ces pinces énormes. La faune sauvage semble atteinte d’un mal étrange. Tout comme la communauté de ce coin matapédien, qui s’avère soudainement perturber par cette présence nouvelle et inquiétante. Sebastian accorde son chant d'outre tombe, qui a des allures de revanche à prendre, au désordre humain. Et de ce monde qui rend une musique si étrange, Noir métal vous stupéfiera par effraction. Je reçois Sébastien Chabot, ce soir, à Mission encre noire. Extrait: «Plusieurs taxidermistes du coin pétrifiaient, dans la colle et la bourrure, les animaux sauvages ; le plus difficile n'était pas de les tuer, mais de leur trouver un regard adéquat pour l'éternité. Sébastian observa les yeux vides durant de longues minutes: tous ces abîmes de verre morts posés sans ordre sur un grand tissu noir, destinés à des créatures qui avaient vu dans la nuit comme en plain jour mais qui, à présent, se promenaient aveugles dans leur vie impossible. Sebastian se pencha et plongea son regard dans une trentaine de billes. Aucune ne renvoyait la lumière de la même façon. Dans certaines, les reflets décomposaient les couleurs et enfermaient des arcs-en-ciel. Sebastian parcourut les billes, en toucha quelques-unes. Puis, dans un coin, il vit le regard parfait, d'un bleu métal qui voilait les éclats des néons. Ses mains tremblaient lorsqu'il décrocha les deux sphères, et sa respiration était bruyante. Il haletait presque comme un chien. Sebastian sentit un liquide s'écouler dans la poche droite de son manteau. Une odeur fauve montait à ses narines. Il jeta un dernier regard à l'employé qui pliait les cartons et s'en retourna au comptoir.». Filibuste de Frédérique Côté paru en 2021 aux éditions Le cheval d’août. La rubrique des «chiens écrasés», c’est comme cela que l’on nomme le fait divers à la fin du XIXème siècle. Parce qu’il est une information brute, le fait divers fascine et fait vendre du journal à un public avide de grandes sensations. Au XIXème siècle on les nommait «la rubrique des chiens écrasés». La présence des faits divers dans l’œuvre d’Emmanuel Carrère fait parti du mémoire de maîtrise de Frédérique Côté. Filibuste en porte la marque, c'est un roman polyphonique qui met en scène une famille, dont la mère de Delphine, Flavie et Bébé reçoit chaque dimanche ses filles à souper à la maison. Lorsque qu’un drame surgit. Le père, dans sa balade hebdomadaire en moto, est impliqué dans un accident mortel qui se retrouve dans la rubrique des faits divers. Des tensions vont rapidement se mettre au jour au sein de la sororité et dévoiler les ressorts d’une dynamique familiale pour le moins dysfonctionnelle. L’histoire se déplie alors avec en toile de fond la montée du phénomène des télé-réalités et d’autres éléments extérieurs qui font de ce roman une sorte de tatouage captivant sur un bout de chair de notre époque mise à nu. Je reçois Frédérique Côté, à Mission encre noire. Extrait: «Je suis la seule à pleurer notre famille, personne d'autre se fera tatouer quatre biches sur un mollet. Une des plus belles réussites de ma mère, c'est de m'avoir protégée d'elle durant mon enfance. Je suis toujours restée le bébé dans sa tête et, à part mes petites tensions avec Delphine, j'ai eu une vie de famille paisible. Tout le monde attendait cet éclatement, et moi j'imaginais des soupers les dimanches jusqu'à ce qu'on soit vieilles et que nos enfants soupent avec nous. J'étais pas préparée à être victime de mon clan alors que j'aurai dû, puisque ses autres membres s'entretuent.»
60 min
Mission encre noire 15 juin
Émission du 15 juin 2021
Mission encre noire Tome 31 Chapitre 361. Le murmure des hakapiks, la troisième enquête de Joaquin Moralès par Roxanne Bouchard paru en 2021 aux éditions Libre Expression. Érik Lefebvre et Joaquin Moralès s'engagent pour la Traversée de la Gaspésie à ski. Debout dans la timonerie du Jean-Mathieu, Bernard Chevrier regarde l’agente Simone Lord embarquer à titre d’observatrice, sur le chalutier en partance pour le Groenland pour la chasse au phoque, malgré le Nordet qui s’annonce. Pour se rendre à destination, au Nouveau-Brunswick, il faut contourner l’Île-du-prince- Édouard, mais aussi pénétrer profondément dans le détroit de Northumberland, qui en cas de vent fort se transforme en étau, même pour une coque en acier, sous le poids de la glace. Pourquoi l’institution fédérale Pêches et Océans délègue-t-elle une agente directement dans les griffes de quatre hommes au passé douteux? En attendant de rejoindre son compère, Joaquin loge son fils depuis qu'il a débarqué chez lui, soûl. La gorge nouée, le père saisit le jonc pour un dernier adieu à son histoire commune avec Sarah. Ils divorcent. Comme lui suggère son notaire, le plus dur n’est pas de signer les papiers. Même si le goût lui manque, il prend enfin la direction des abords du Saint-Laurent, avec un bon roman dans les poches, histoire de se changer les idées. La psychologue judiciaire Nadine Lauzon fait partie du voyage, avec un dossier plutôt brûlant en cours. Pour l’enquêteur Moralès la lecture de Gabriel Garcia Marquez attendra. Fort du succès de La mariée de corail, ce roman en est la suite tout aussi palpitante. Je reçois, Roxanne Bouchard à Mission encre noire. Extrait:« Bernard Chevrier met le moteur en marche. La journée tire à sa fin quand l'agente Lord sort sur le pont pour assister à l'appareillage du Jean-Mathieu. Marco Painchaud a passé presque une heure à chercher son permis, avant de se rappeler qu'il l'avait oublié chez son père. Ce dernier travaillant à la mine de sel de Havre-aux-Maisons, il a fallu demander à un voisin de lui rendre service et de venir porter le papier. Bernard Chevrier, bien assis dans sa chaise de capitaine, a regardé des reportages de chasse tout l'après-midi. Profitant d'un moment de solitude, Simone est allée dans la cabine et a discrètement envoyé un texto à Érik Lefebvre pour lui expliquer son départ imminent. Elle risque d'être difficile à joindre au cours de la prochaine semaine et ne veut pas qu'il s'inquiète. Elle ne s'est pas plainte de l'équipage récalcitrant, non. Ce n'est pas la première fois que des hommes rechignent à prendre une femme à bord. Elle a même connu ça avec des confrères de la garde côtière, jadis, et elle s'en est toujours sortie indemne. Si elle avait voulu être bien accueillie au travail, elle aurait opté pour un autre métier. Elle serait devenue infirmière ou, comme sa soeur, aurait ouvert une école de yoga. Mais elle a choisi la mer.» La danse du figuier par Emné Nasereddine paru en 2021 aux éditions Mémoire d’encrier. Sur la page en noir et blanc le passé de l’autrice reprends des couleurs. La maison chante à nouveau, trois générations de femmes : Téta, la grand-mère, Fadwa, la mère et Emné, la fille, qui nous parle de ses racines, de la tendresse reçue en héritage malgré les blessures de la guerre et de la douleur de la perte d’être chers. Emné Nasereddine regarde son pays si loin si proche, Beyrouth la rouge, depuis Montréal la blanche. Sa voix, ses gestes se font tendres pourtant. Au pays de son enfance les femmes meurent avant d’écrire. Noir sur fond blanc, les mots nous ramènent alors l’odeur de la méditerranée, du goût du thé sucré et de l’orange amère. L’exil et le deuil ne suffiront pas à ternir cet élan de vie, l’autrice ne désoleillera pas. Emné Nasereddine est invitée à Mission encre noire. Extrait:« Mon angoisse, vous la connaissez/elle a une forme tangible et son propre goût/ma peur vous l'avez nourrie/au fond du gosier/par les pratiques du papier blanc/le nom mal prononcé/le refus d'entrée/je remet mon destin entre vos épaules/faites de moi une personne féconde/faites de moi une poète réconciliée/je suis à deux pas de vos yeux/prête à accueillir une nouvelle/je patiente »
60 min
Mission encre noire 08 juin
Émission du 8 juin 2021
Mission encre noire Tome 31 Chapitre 360. Exosquelette de Chloé LaDuchesse paru en 2021 aux éditions Mémoire d’encrier. «mes os sont toujours creux, il n'y a rien à faire.» constate la poète, en se remémorant une nuit, en Ontario, avec des amis autour d'un brasero à l'automne. De cette image découle un geste d'écriture.  Les petites histoires s’accumulent, tissent un filage à même la peau, qui d’une maille entrelacées à l’autre racontent et dévoilent la charpente qui consolide l’exosquelette de l’autrice. L'écriture devient un abri, une maison pour celle qui a été si souvent de passage. Pour Chloé Laduchesse, la poésie est cette armature souveraine, derrière laquelle elle pourrait disparaître. Ce n’est qu’un leurre pour mieux réapparaître à vif, lestée des fantômes impudents qui empêchent le corps de vivre librement. Ce qui n'empêche pas l'autrice de vivre profondément ses tempêtes, de savoir se camoufler pour mieux se tenir debout. Dans l’orange du soir, du côté de Sudbury, en Ontario, je retrouve Chloé LaDuchesse, elle est invitée à Mission encre noire. Extrait: « Un petit matin monochrome/à peine plus grand/qu'un jeu de patience/j'emprunte aux figures de proue/leurs horizons déployés/leur savante ubiquité/mes pas menus dans la neige/réinventent la carte aux trésors/je cherche/la langue qui sait/comment dire merci aux ponts/sous lesquels on passe » Fouiller les décombres de Flavia Garcia paru en 2021 aux éditions Mémoire d’encrier. Ni oubli ni pardon. En 1976, la poète a 12 ans. Elle qui pensait pouvoir tourner le dos à son passé douloureux argentin en débarquant à Montréal a tort. Les noms de Peron, Ongania, Lopez Rega ou du général Videla ressortent à l'occasion d'une rencontre avec un livre au festival international de la poésie de Trois-Rivières: Palabra viva. Cette parole redonne vit à une expression : Nunca mas. Les mots, qui dans toute la terreur des yeux d’un enfant, existent ici, sur ces pages, sont là pour témoigner, mais pas seulement. Si les coups de feu, les hélicoptères, les sirènes, l'odeur de mort qui suinte des murs laissent des traces indélébiles, c’est pour dire qu’on ne négocie pas avec la peste, on ne lui laisse plus aucune chance. Plus jamais. Ce recueil paraît dans le cadre du 45 ème anniversaire du coup d’État de 1976 en Argentine, et en souvenir des victimes de la dictature. je reçois Flavia Garcia à Mission encre noire. Extrait:« dans la cour d'école/on joue à la marelle/on sautille sur un pied/l'équilibre est fragile/puis sur l'autre/plus haut/on rebondit/pour atteindre le ciel/criblé de barbelés»      
60 min
Mission encre noire 01 juin
Émission du 1 juin 2021
Mission encre noire Tome 31 Chapitre 359. Josée Yvon: Danseuses-mamelouk paru en 2020 aux éditions Les Herbes rouges, Travesties-kamikaze paru en 2019 aux éditions Les Herbes rouges, Maîtresses-cherokees paru en 2021 aux éditions Les Herbes rouges. L'oeuvre de Josée Yvon paraît aux herbes rouges en 1976, avec son premier livre, Filles-commandos bandées, suivi de peu par Travesties-kamikaze. Depuis le réédition des trois premiers volumes de son oeuvre, le nom d'Yvon revient plus souvent comme une référence incontournable pour toute une nouvelle génération d'écrivaines au Québec. je vous propose de partir à la rencontre de Josée Yvon, dont les mots sont restés longtemps introuvables en librairie et en bibliothèque. Denis Vanier, son compagnon durant dix huit ans dit d’elle en postface de Danseuses-Mamelouk : «une des voix les plus lucide d’Amérique comme un film de monstres, de bowling et parfum/c’est une fille d’en dedans/de folie sauvage; une écriture dangereuse/comme un gun dans le corps bandé du silence.» Pour nous parler de la «fée des étoiles », à travers la réédition de ces trois recueils, je reçois la directrice des éditions Les Herbes rouges Roxanne Desjardins, à Mission encre noire. Extrait : «mais nous nous sommes le désir/nos vieilles femmes défient le rhéostat des veines/font bander toutes les cicatrices/et se parlent à l'orifice des corps./notre folie n'annule pas l'efficacité du scandale/les buveurs dartre à la frontière des os/pissent la danseuse/off de leur tête/encerclées aux morsures de la Menterie/il faut s'habituer à partir tous les jours./les petites filles bandées dangereuses/sèment la mort sur l'autoroute.» Tisser de Jean-Luc Raharimanana paru en 2021 aux éditions Mémoire d'encrier. Au commencement il y eu Ralanitra le ciel, le principe mâle, qui créa les étoiles et la terre: Ratany, le principe femelle. Une terre sans vie informe. Ainsi débute le mythe malgache qui modèle la naissance de notre monde. Une mythologie millénaire qui se présente ici à nous, dans un formidable texte entre fable et philosophie qui se décline par delà les époques, à travers la voix d’un ancêtre, un enfant mort-né, qui va nous raconter la genèse de l'humanité comme vous ne l’avez certainement jamais lu. Traversée et brisée par l’esclavage, la colonisation et la mondialisation, cette parole empreinte aux mythes fondateurs anciens une trame qui sert de boussole à cette voix. Cet esprit qui s’adresse à nous est le fil qui tisse le récit de ce livre étonnant. Issue du continent africain et de multiples autres influences, on le trouve dans toutes les langues, dans les proverbes, les contes, les littératures, le jazz, la peinture. Contre toute attente, les mythes anciens pourraient nous communiquer un moyen de déconstruire nos absurdités collectives pour reconstruire le monde autrement. Je vous propose de partir à la rencontre d’un imaginaire renversant qui se donne à lire comme fibres à tisser d'une autre humanité possible. Je reçois Jean-Luc Raharimanana, ce soir à Mission encre noire. Extrait : « Depuis trop longtemps, la pensée africaine est phagocytée, avalée, presque digérée. Mais cette pensée n'est pas morte. Elle est dans les langues, dans les proverbes, contes,mythes, littératures, musiques, peintures, dans les arts, dans l'artisanat, dans les rites d'initiation, dans les philosophies et autres visions du monde qui irriguent les cérémonies, les folklores, les liens familiaux, sociaux, etc. Les siècles de domination successive empêchent un libre récit des relations avec le monde, mais ces temps n'ont pas à vrai dire pu effacer ce récit de la société des Vivants. L'Afrique est là, l'Afrique est en nous, elle est aussi en les autres, dans le jazz et dans la musique moderne, dans la peinture, dans l'alimentation, dans l'imaginaire, dans le sang même de l'humanité. Elle a à célébrer cette résilience, à comprendre comment ses enfants, pour survivre, ont dû investir l'Autre et s'y déposer intacts. car si l'oppresseur porte atteinte à la victime, il n'en sort pas indemne non plus, la teinture ne choisit pas forcément qui colorer quand divers tissus se mêlent et s'emmêlent.»  
60 min
Mission encre noire 25 mai
Émission du 25 mai 2021
Mission encre noire Tome 31 Chapitre 359. Josée Yvon: Danseuses-mamelouk paru en 2020 aux éditions Les Herbes rouges, Travesties-kamikaze paru en 2019 aux éditions Les Herbes rouges, Maîtresses-cherokees paru en 2021 aux éditions Les Herbes rouges. L'oeuvre de Josée Yvon paraît aux herbes rouges en 1976, avec son premier livre, Filles-commandos bandées, suivi de peu par Travesties-kamikaze. Depuis le réédition des trois premiers volumes de son oeuvre, le nom d'Yvon revient plus souvent comme une référence incontournable pour toute une nouvelle génération d'écrivaines au Québec. je vous propose de partir à la rencontre de Josée Yvon, dont les mots sont restés longtemps introuvables en librairie et en bibliothèque. Denis Vanier, son compagnon durant dix huit ans dit d’elle en postface de Danseuses-Mamelouk:«une des voix les plus lucide d’Amérique comme un film de monstres, de bowling et parfum/c’est une fille d’en dedans/de folie sauvage; une écriture dangereuse/comme un gun dans le corps bandé du silence.» Pour nous parler de la «fée des étoiles », à travers la réédition de ces trois recueils, je reçois la directrice des éditions Les Herbes rouges Roxanne Desjardins, à Mission encre noire. Extrait:«mais nous nous sommes le désir/nos vieilles femmes défient le rhéostat des veines/font bander toutes les cicatrices/et se parlent à l'orifice des corps./notre folie n'annule pas l'efficacité du scandale/les buveurs dartre à la frontière des os/pissent la danseuse/off de leur tête/encerclées aux morsures de la Menterie/il faut s'habituer à partir tous les jours./les petites filles bandées dangereuses/sèment la mort sur l'autoroute.» Tisser de Jean-Luc Raharimanana paru en 2021 aux éditions Mémoire d'encrier. Au commencement il y eu Ralanitra le ciel, le principe mâle, qui créa les étoiles et la terre: Ratany, le principe femelle. Une terre sans vie informe. Ainsi débute le mythe malgache qui modèle la naissance de notre monde. Une mythologie millénaire qui se présente ici à nous, dans un formidable texte entre fable et philosophie qui se décline par delà les époques, à travers la voix d’un ancêtre, un enfant mort-né, qui va nous raconter la genèse de l'humanité comme vous ne l’avez certainement jamais lu. Traversée et brisée par l’esclavage, la colonisation et la mondialisation, cette parole empreinte aux mythes fondateurs anciens une trame qui sert de boussole à cette voix. Cet esprit qui s’adresse à nous est le fil qui tisse le récit de ce livre étonnant. Issue du continent africain et de multiples autres influences, on le trouve dans toutes les langues, dans les proverbes, les contes, les littératures, le jazz, la peinture. Contre toute attente, les mythes anciens pourraient nous communiquer un moyen de déconstruire nos absurdités collectives pour reconstruire le monde autrement. Je vous propose de partir à la rencontre d’un imaginaire renversant qui se donne à lire comme fibres à tisser d'une autre humanité possible. Je reçois Jean-Luc Raharimanana, ce soir à Mission encre noire. Extrait:« Depuis trop longtemps, la pensée africaine est phagocytée, avalée, presque digérée. Mais cette pensée n'est pas morte. Elle est dans les langues, dans les proverbes, contes,mythes, littératures, musiques, peintures, dans les arts, dans l'artisanat, dans les rites d'initiation, dans les philosophies et autres visions du monde qu irriguent les cérémonies, les folklores, les liens familiaux, sociaux, etc. Les siècles de domination successive empêchent un libre récit des relations avec le monde, mais ces temps n'ont pas à vrai dire pu effacer ce récit de la société des Vivants. L'Afrique est là, l'Afrique est en nous, elle est aussi en les autres, dans le jazz et dans la musique moderne, dans la peinture, dans l'alimentation, dans l'imaginaire, dans le sang même de l'humanité. Elle a à célébrer cette résilience, à comprendre comment ses enfants, pour survivre, ont dû investir l'Autre et s'y déposer intacts. car si l'oppresseur porte atteinte à la victime, il n'en sort pas indemne non plus, la teinture ne choisit pas forcément qui colorer quand divers tissus se mêlent et s'emmêlent.»  
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