Un Santa Teresa sans émeute : retour sur le festival

20 mai 2019 publié par CHOQ.ca

Un Santa Teresa sans émeute : retour sur le festival

C'est une fin de semaine fraiche, mais ensoleillée qui attendra les festivaliers de Santa Teresa. Plus ficelé que les deux éditions précédentes, le festival de Sainte-Thérèse accueillera une programmation variée allant de MGMT à Fria Moeras en passant par American Football.

Vendredi soir en banlieue

C'est au trio montréalais Zouz que revenait la lourde tâche de lancer les festivités, défi d'ailleurs relevé avec brio. Avec la fougue qu'on leur connaît, les trois musiciens émérites et membres de multiples formations ont livré à la cinquantaine de festivaliers présents leur musique hard-blues à grand coup de solos, le tout dans une ambiance détendu et pleine d'humour.

Un peu plus tard, du côté du Saint-Graal, c'est au tour de la musicienne de Québec Fria Moeras de venir présenter ses compositions. Sans nervosité aucune, la jeune autrice-compositrice-interprète s'amène seule, sans la compagnie de ses habituels accompagnateurs ou bélugas, comme elle les surnomme. Qu'à cela ne tienne, Fria témoigne d'une assurance hors norme et livre la marchandise, profitant des transitions entre les chansons pour blaguer avec le public thérésien.

Au Local 41, l'ambiance est aussi à la fête. La salle, qui présentera des shows hip-hop toute la fin de semaine, n'est peut-être pas remplie, mais le public présent est motivé et attend de pied ferme le montréalais Tizzo et sa bande. Malgré du retard, le crew se présente devant une foule gagnée d'avance et ouvre son set en demandant au public quelle chanson il veut entendre. Ça pue l'emportera haut la main et sera jouée deux fois d'affilée, comme quoi il ne sert à rien de bouder son plaisir. En attendant son comparse Shreez, Tizzo continuera d'enchaîner les hits.

Finalement à La Chapelle, c'est Thierri Larose qui a ouvert le bal. Accompagné de Francis Baumans à la guitare, le duo a définitivement l'air de s'amuser sur scène. Entre les chansons douces de Thierri, le public pourra entendre des versions réinventées de chants liturgiques. Anatole prendra ensuite le relais dans la salle maintenant comble une heure avant les fameux Trois Accords. Utilisant la salle à son avantage, l'artiste, réputé pour sa présence sur scène explosive, commencera son spectacle directement dans le public chantant à quelques centimètres de ses fans. Fidèle à ses habitudes, il inspirera son public à danser tout au tant que lui sur ses chansons pop.

Samedi dansant

Ryan Playground a lancé la seconde journée du festival sur la scène principale. Elle laissera de côté les performances vocales pour uniquement jouer ses beats qui ont permis au public de se réchauffer avant les autres performances de la journée.

La Montréalaise Kallitechnis prend ensuite la relève avec son R&B ensoleillé, vêtu de son plus beau chandail de Whitney Houston. Accompagnée de musiciens qui tentent d'en mettre plein la vue à coup de solos et de grandes envolées, c'est quand même elle qui tient le fort, soutenue par son impressionnante voix et la qualité de ses compositions.

Outre la scène extérieure, le Saint-Graal présente aussi du très bon contenu musical. San James y est de passage pour présenter ses chansons pop en compagnie de Marie-Claudel à la basse. Si le son est clairement déficient dans la salle, les quelques personnes rassemblées devant la scène écoutent quasi religieusement la jeune Montréalaise. Dommage que le reste du bar n'ait pas témoigné du même respect.

Les choses s'arrangent un peu par la suite avec Vanille. Le son plus rock de la formation menée par Rachel Leblanc impose un peu plus le silence et la Montréalaise et ses musiciens en profitent, nous offrant quelques nouvelles compositions d'un album à venir au passage. Elle célèbre aussi ''le Québec et tout ce qui l'entoure'' et nous assure entre deux chansons que l'on devrait vraiment aimer ce qui s'envient pour la suite de sa carrière. On a tendance à la croire!

Submergé de lumière rouge, Jérome 50 arrive à remplir le Cha Cha même si les chansons de MGMT résonne dans Sainte-Thérèse. Dans son énergie décontractée habituelle, il lance ses morceaux de plus en plus connus accompagnés de son public-choral et de Philippe Gagné parfois à la flûte traversière parfois au trombone. Dans la même lignée que sa chanson chaise musicale et la fin de hiérarchill, l'artiste présentera également sa propre version des trois petits chats à travers ce qui semble parfois improvisé.

Au même moment, au Local 41, c'est au tour de Jay Scott de prendre le contrôle des planches pour une prestation un peu bizarre, alors que les breakers de la salle décideront de prendre un break après seulement deux chansons. Tentant de désamorcer la situation tant bien que mal à coup de blagues sur l'autotune et les cagoules dans le rap, le rappeur saura garder le public avec lui en profitera grandement lorsque le système de son sera redevenu fonctionnel quelques minutes plus tard.

La soirée s'est ensuite terminée pour nous au Monte Christo au spectacle de Radiant Baby qui était accompagné d'un drummer et d'un multi-instrumentiste alternant entre claviers, guitare et basse. Un choix judicieux qui apportait un vent de fraicheur à la musique du bébé radiant habituellement seul sur scène. De retour du Japon le matin même, le chanteur se motivait entre ses chansons à coup de «On a du plaisir. Hein ?» Ce qui n'a tout de même pas empêcher les quelques personnes dans la salle d'endiabler la piste de danse.

Dimanche pas seulement Hip Hop

L'espoir est encore vivant à Sainte-Thérèse en début d'après-midi. C'est qu'après des annonces de pluie, il fait encore beau quand le quatuor torontois PUP s'avance sur la scène extérieure du festival. Le band punk livre principalement du matériel de son excellent dernier album intitulé Morbid Stuff et paru il y a seulement quelques semaines. Le public connait pourtant déjà plusieurs chansons par coeur et se jette dans des mosh-pits sans fin à coeur joie avec énergie.

Il n'y a pas de doute, dimanche, l'électricité était dans l'air, littéralement. Après un orage qui a teinté la fin de l'après-midi et conclut le spectacle de Koriass, les équipements avaient de la difficulté à rendre justice aux artistes qui performaient au Saint-Graal et à La Chapelle. Suivant Sineila, Léolo a joué devant un bar comble et dissipé (qui cherchait surtout à se couvrir de la pluie). Malgré quelques "pop" des moniteurs et une nervosité palpable, l'artiste a livré une performance vocale impressionnante, juste et sensible.

Cherry Lena a ensuite pris le flambeau sur la scène du Saint-Graal avec ses grooves R&B et sa voix mature. Accompagnée d'un claviériste et d'un drummer, la chanteuse qui a tout d'abord passé par les planches de La Voix n'avait rien de l'image quétaine et beige qu'on se fait de l'émission. Elle a réussi à faire danser (et même twerker) le public du bar.

À 21h, N Nao a lancé la soirée à La Chapelle. Dans une ambiance frissonnante, la voix douce de l'artiste s'entremêlait parfaitement avec l'accoustic de la salle. N Nao s'amusait à sortir abruptement son public de la transe de ses chansons en jasant de fin du monde en guise d'interlude. Un sujet tout à fait d'actualité vu l'électricité dans l'air qui affectait son équipement de quoi en découlait un buzz continuel en tapis sonore.

Pendant ce temps, le Local 41 n'est pas au bout de ses peines, loin de là. C'est à Kirouac et Kodakludo que revient la tâche d'ouvrir la soirée, ce qu'ils font assez bien au départ. Hormis une petite attente, le temps de leur comparse Franky Fade de OGB réussisse à venir les rejoindre après son propre show, le duo épate le public, déjà conquis d'avance. Mais l'énergie est telle qu'à force de sauter partout, les gars réussissent l'exploit de littéralement défoncer la scène et forcer l'annulation du reste de la soirée.

Malgré tout, ne désirant pas particulièrement devoir annuler un deuxième set en deux soirs après un passage digne du Fyre Festival au Métro Métro, la gang d'Alaclair Ensemble se présente en surprise sur le toit d'une van, installée au milieu de la rue sous la supervision de plusieurs policiers pour présenter quelques chansons à la foule toujours présente dans les environs. Si le set est court, reste que les gars sont en feu et qu'ils auront au moins su faire partir tout le monde avec le sourire.

Finalement, c'est au DJ de renommé international Lunice de conclure la troisième édition de Santa Teresa. Si le public est assez clairsemé (remarquez qu'il s'agit ici d'un euphémisme) vu la température peu clémente, il s'en tire toutefois fort bien. Après une entrée pour le moins ostentatoire avec enscensoir, le Montréalais en met plein la vue avec des éclairages bien conçus et des chorégraphies bien agencées aux rythmes trap et aux chansons hip-hop qu'il mixe.

Un article de Mathieu Aubre et Camille Foisy

Crédit photo : Mathieu Aubre pour CHOQ.ca


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