Tous différents, mais tous plaisants

24 juillet 2018 publié par CHOQ.ca

Tous différents, mais tous plaisants

Par Élisabeth Simpson et Frederic Jobin

Le Zoofest continu de battre son plein et notre couverture médiatique aussi. CHOQ.ca vous livre ici son compte rendu de la soirée du 23 juillet. 

Pareils pas pareils

Antoni Remillard et Christine Morency ont joint leurs forces pour présenter Pareils pas pareils, sous la forme de deux fois trente minutes. D’entrée de jeu, une courte apparition jumelée aurait été la bienvenue, ne serait-ce que pour expliquer le nom du spectacle en plus de créer une certaine complicité entre les deux comparses. Malgré ce bémol, les deux humoristes ont brillé autant par leur présence sur scène que par la qualité de leurs textes.

Antoni Remillard a lancé le bal en grand, offrant au public un ramassis de quelques-uns de ses meilleurs numéros, ce qui a dû s’avérer être un choix déchirant, tellement ils sont nombreux. Le tout s’est admirablement enchaîné, le jeune humoriste au ton plutôt calme et timide voguait aisément d’un sujet à l’autre. Remillard a démontré une fois de plus sa maîtrise des insertions, sautant parfois du coq à l’âne il trouve toujours le chemin pour revenir éventuellement au coq. Dans un excellent mélange d’univers déjanté - par exemple le superbe numéro où il s’imagine être accidentellement le père d’un jeune écureuil en raison d’un condom qu’il a enterré dans la forêt à l’adolescence - et d’autres, beaucoup plus personnels, comme celui sur la précocité, Remillard a offert une excellente prestation, laissant entre les mains de Christine Morency un public déjà conquis.

Le changement de ton entre Remillard et Morency donnait l’impression de sauter tête première dans une piscine glacée après avoir passé trente minutes à bouillonner dans un spa: À la fois saisissant et rafraîchissant! Christine Morency n’a pas peur des mots, elles nomment les choses par leur nom. Celle qui a mis moins d’une heure à vendre tous les billets de son spectacle solo, présenté également au Zoofest, a démontré les raisons de son ascension fulgurante dans le milieu. Elle prend de la place, elle parle fort, elle transpire d’assurance et sa livraison de texte est très bien maîtrisée, particulièrement pour une humoriste qui n’a à peine plus d’un an d’expérience dans le domaine.  Rafraichissant parmi de grands segments d’autodérision un peu redondants le numéro sur son passé d’intervenante sociale auprès des personnes en situation d’itinérance figure certainement parmi ses meilleurs. Malgré tout, rien n’empêche qu’après si peu de temps, Christine Morency est indéniablement déjà une bête de scène.

La table d’hôte

Hier avait également lieu la dernière représentation de La table d’hôte, spectacle très dense mettant en vedette des humoristes (pouvons-nous encore dire de la relève?) dont la carrière monte en flèche depuis les deux dernières années. Un spectacle sous le signe de la nostalgie porté par cinq artistes qui se sont amusé.e.s à revisiter d’anciens phénomènes viraux (Harlem Shake, le lipdub, les témoignages sur des cartons accompagnés de la chanson Mad World de Gary Jules, etc.), mais aussi leur propre passé.

Le très bondissant Alexandre Bisaillon a commencé la soirée en parlant de son incapacité à prendre des décisions. Le talent de Bisaillon pour les « acting out » bien maîtrisés s'est fait sentir particulièrement lors son explication de l’élection de Donald Trump, qu’il attribue à du bouche-à-oreille ayant commencé au Texas. La personnalité de l’humoriste ottavien et son énergie débordante en faisaient le choix évident pour lancer le spectacle.

Philippe-Audrey Larue St-Jacques est ensuite venu aborder divers sujets, dont sa récente rupture et son secondaire chez les Frères. Il a poursuivi avec le désastre qu’a été la pièce finale de son programme de théâtre au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, alors qu’il s’est vu octroyer le rôle d’un nain hydrocéphale décédant dès la cinquième scène. Il a conclu en beauté en testant un numéro sur la télévision française au grand plaisir du public.

C’était ensuite au tour des Grandes Crues de prendre d’assaut la scène de la salle Ludger-Duvernay du Monument National. Verre de vin à la main, elles y sont allées d’une dizaine de minutes de leur ambiance de 5 à 7 habituelle. Leur belle complicité, toujours agréable à voir, a offert quelques bons moments, dont la partie sur la gestion des poils pubiens à l’adolescence, qui n’a pas manqué d’arracher plusieurs rires sincères.

Le tout s’est terminé en force avec Arnaud Soly. La partie sur les jeux d’évasion était tout simplement délectable. Entre les décors peu crédibles et un animateur peu dynamique, Arnaud était loin de sentir la partie « immersive » de l’expérience. Il a ensuite poursuivi avec un amalgame de quelques-uns de ses meilleurs segments pour conclure la soirée en beauté.

Les Acadiens ont landé à Montréal

Une cinquantaine d’Acadien.ne.s, selon un sondage mené par applaudissements, ont rempli la petite Balustrade du Monument National. Ce beau public est venu offrir de chaleureux applaudissements et de gros rires à deux de leurs compatriotes, Xavier B. Gould et Julien Dionne.

Xavier B. Gould a lancé le bal avec une vingtaine de minutes de blagues servant à le présenter, racontant entre autres son parcours depuis le secondaire et quelques situations qu’il a subies en tant que personne queer. Pour les dix dernières minutes de sa partie, il a laissé place à son personnage Jass-Sainte Bourque, visiblement très connu des autres membres de l’auditoire. Le public semble avoir pleinement profité du personnage qui n’était, somme toute, pas très différent du personnage de scène de Xavier B. Gould.

Julien Dionne a terminé la soirée avec trente minutes de blagues sur divers sujets. Celui qui fait carrière en anglais depuis 2006 a également charmé les personnes présentes, y allant de solides numéros sur sa vie conjugale avec son épouse des neuf dernières années, de son parcours et de sa peur de l’avion. Cette dernière partie était particulièrement savoureuse: il n'embarque dans un avion que s'il y a au moins un bébé à bord, puisque tout le monde sait que Dieu ne causerait pas un accident d'avion pouvant tuer un bébé.

Bien que l’originalité de ce spectacle ne lui permette surement pas de de passer à l’histoire, le public en est sorti ravi.

 

Photo : Le Monument National en temps de Zoofest par Myriam Frenette


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