Être femme avant d'être mère : la dépression post-partum en 2020

06 mars 2020 publié par CHOQ.ca

Être femme avant d'être mère : la dépression post-partum en 2020

Pour la journée des droits des femmes, nous avons décidé d'aborder trois enjeux d'actualité touchant de près ou de loin la maternité, soit l'avortement, la dépression post partum et le choix de ne pas être mère. Nous avons demandé à trois femmes de témoigner de leur expérience à travers un court texte. Voici l'histoire de Véronique.

J’ai appris que j’étais enceinte de mon fils le jour de la fête des Mères. C’était une belle surprise de printemps, juste à temps pour faire pleurer doucement ma mère entre deux cartes de souhaits. Ce jour-là, je n’étais pas prête à être mère, mais je me suis promise que je le serais le jour de la naissance de mon bébé.

J’ai passé le plus clair de mon temps, durant ma grossesse, à lire. Entre les livres de maternité, les manuels du développement humain, les articles Pinterest et les blogues de mamans un peu granos, je croyais tout savoir. Je me croyais prête à tout affronter. Or, il y a une chose pour laquelle je ne m’étais pas préparée: la dépression post-partum.

Elle est arrivée sans que je ne m’y attende. Elle m’a guetté pendant les 10 premiers mois de la vie de mon fils, tapis entre ma fatigue et mon cynisme, puis un matin, elle s’est dévoilée dans la plus grande violence. J’avais déjà souffert de dépression dans le passé, je connaissais les signes : les maux de tête, les idées noires, la fatigue chronique, la perte d’appétit, une obsession malsaine pour mes défauts pour n’en nommer que quelques-uns. J’ai pris rendez-vous avec mon médecin pour en avoir le cœur net. 30 minutes, deux questionnaires, une prise de sang plus tard, j’avais le diagnostic : j’étais en dépression post-partum. Puisque j’allaitais, je n’étais pas en mesure de prendre des antidépresseurs. On m’a donc prescrit un remède alternatif : le yoga. J’ignorais où j’allais trouver le temps de faire du yoga alors que plusieurs fois par semaine, je manquais de temps pour des choses si simples comme me brosser les cheveux. Je doutais que ce soit un remède suffisant, mais je n’avais pas d’autres options. Je devais alléger mon horaire.

À l’université comme au travail, j’ai dû justifier une période de repos afin de reprendre du poil de la bête. À l’école, on a été conciliants avec les remises des travaux, mais je me suis tout de même mérité un échec dans un cours. Il semble que la maladie mentale n’est pas une assez bonne raison pour obtenir un incomplet temporaire, le temps de la guérison. Au travail, on ne m’a pas cru. On ne m’a pas cru malgré le diagnostic écrit du médecin. On ne m’a pas cru parce que je suis de nature souriante. On ne m’a pas cru parce que je semblais en contrôle de tous les éléments qui constituait ma vie montagne russe. On m’a refusé mon congé de maladie et j’ai démissionné.

J’aurais aimé pouvoir parler de ces choses-là avec ma mère, pouvoir discuter de cette épreuve qu’elle a aussi traversée, mais ça m’était impossible. Ma mère frissonne à la simple mention du mot dépression. Elle en garde des souvenirs atroces liés à une médication approximative, des thérapies boiteuses et la violence des électros choque.  J’avais l’impression de ne pas pouvoir partager mes états d’âme avec qui que ce soit, parce qu’on me verrait comme une mère indigne. J’avais peur que mon mal fasse de moi une mauvaise mère. J’avais peur que mes sourires trahissent le doute constant qui me cri aux oreilles que je suis imposteur dans ma propre maison. J’avais peur parce qu’être une mère c’est être douce, protectrice, en contrôle, organisée et, moi, j’étais perdue.

Avoir un enfant, c’est le plus beau cadeau du monde. Mon fils Thomas ensoleille mes journées de ses sourires les plus doux. Mais être mère, c’est avant tout être humaine, être fragile. Ma dépression ne me définit pas comme mère ni comme personne. En rétrospection, elle me rend plus forte.


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