Être femme avant d'être mère : dire non à la maternité en 2020

04 mars 2020 publié par CHOQ.ca

Être femme avant d'être mère : dire non à la maternité en 2020

Pour la journée des droits des femmes, nous avons décidé d'aborder trois enjeux d'actualité touchant de près ou de loin la maternité, soit l'avortement, la dépression post-partum et le choix de ne pas être mère. Nous avons demandé à trois femmes de témoigner de leur expérience à travers un court texte. Voici l'histoire de Dominique. 

Je m’appelle Dominique, j’ai 27 ans, je suis une femme accomplie avec une maison, un char de l’année, un chum que j’adore, une entreprise à mon nom et je ne veux pas d’enfants. Pardon? Vous avez bien entendu, je ne veux pas d’enfants. Depuis ma jeune vingtaine, c’est clair dans ma tête : la maternité, ce n’est pas pour moi. C’est d’autant plus étrange d’avoir à répondre de cette décision devant un comité “disciplinaire” presque tous les jours:

- Ben voyons, qui va s’occuper de toi quand tu vas être vieille?

- Tu vas changer d’idée, laisses toi le temps.

- Tu vas voir, avoir TON enfant, ce n’est pas la même affaire.

- Pourquoi t’hais les enfants d’même?

On peut-tu rectifier le tir ici?! J’aime les enfants. Ceux des autres me permettent de me sentir bien, assez aimée et femme pour ne pas en vouloir moi-même. Je ne me suis jamais sentie assez maternelle pour vouloir avoir mes propres enfants, pour que ça me tente de porter la vie en moi, pour que j’aie envie de rêver au moment où je rencontrerai, apparemment, l’amour de ma vie. 

Ça me décourage quand même un peu de voir que chaque jour, j’ai à débattre de mon non-désir de porter la vie, comme si nous, les femmes, c’était notre destinée, comme si ça devait juste suivre l’ordre naturel des choses. En fait, j’adore pouvoir décider moi-même de mes propres allées et venues, d’avoir le choix de rester plus tard au bureau le soir quand ça me tente, de pouvoir manger du McDo sans me sentir coupable de ne pas fournir un apport énergétique intéressant à la chair de ma chair. J’avoue, c’est égoïste. Mais qui êtes-vous pour me dicter ce que je devrais faire ou comment je devrais penser? 

Vous me blâmez de prendre des décisions par moi-même et pour moi-même alors que moi, je vous blâme de vous sentir pris dans votre routine déjeuner des enfants-départ à l’école-auto-travail-bain des enfants-cours de violon-devoirs-et j’en passe… Je n’ai pas envie de me perdre à travers les piles de couches, la lessive et mes obligations! Pis à ceux qui me diront que ce n’est pas pareil quand tu as le tien, savez-vous, je n’ai pas le goût de faire le test… Juste parce que ça ne me tente pas de le regretter par après. 

Combien d’enfants ont besoin d’une famille? Combien d’enfants sont abandonnés, pris en charge par les services sociaux, battus, maltraités, et ce, juste parce que «tu vas voir que quand ça va être le tien, ça ne sera pas pareil»?! Pis si, en tant que société, on se questionnait sur notre besoin absolu de procréer alors qu’on pourrait faire une différence pour ces enfants-là?

Il y a aussi l’aspect environnemental qui est non-négligeable dans mon argumentaire.Saviez-vous que chaque enfant conçu produit à lui seul 58,6 tonnes de Gaz à effet de serre? Vous ne trouvez pas que notre planète est bien assez mal dans sa peau pour s’éviter cette pression supplémentaire là? Ça, vois-tu, c’est ma finale “coup de poing”, l’argument que je lâche en dernier recours pour que la personne qui me talonne se sente mal de me faire vouloir un enfant à tout prix. 

Je vous en pose bien des questions, mais au final, la décision te revient. Je cherche juste à t’amener sur une piste de réflexion, live : En tant que Femme, en tant qu’humaine et personne à part entière, tu ne penses pas que le choix devrait te revenir? Ce texte, il reflète ma position à moi, mais au lieu de procréer parce que c’est la suite logique des choses, pourquoi tu ne t’en poses pas des questions, toi aussi? Ce sont mes ovaires pis mes cellules qui vont construire ce bébé-là, il me semble que ça serait bien à moi de décider si j’en veux des enfants, et non une pression de société! Tu en penses quoi, toi?


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