Éditorial : mon prénom, mon choix?

20 janvier 2020 publié par CHOQ.ca

Éditorial : mon prénom, mon choix?

Depuis le 4 janvier 2019, les étudiant·e·s de l'UQAM ont la possibilité de modifier leur prénom dans leur dossier universitaire. Un an plus tard, il est possible de voir des failles dans ce système qui avait tout d'abord été bien accueilli par la communauté estudiantine. Lucile Crémier, doctorant·e en sémiologie avec concentration en études féministes à l'UQAM, délégué·e syndical·e pour le SÉTUE UQAM et militant·e queer, a pris le temps de nous faire part de ses déceptions face à l'initiative Mon prénom, mon choix de l'université. 

La possibilité d’être appelé·e par le bon prénom à l’université est un facteur d’inclusion et de réussite indéniable, que ce soit dans un contexte d’apprentissage ou d’enseignement, de vie étudiante ou de travail aux cycles supérieurs. 

Grâce aux échanges initiés auprès des instances et à la pression exercée dans les dernières années par des groupes d’étudiant·e·s concerné·e·s, le système informatique de l’UQAM régissant le dossier étudiant permet maintenant d’ajouter un prénom usuel (choisi) à celui-ci. Cette politique s’applique, depuis un peu plus d’un an, à tous les cas de figure où le prénom est affiché et partagé, incluant la plateforme Moodle, le courriel étudiant et les listes de classe. 

Parmi les personnes qui entreprennent de changer leur prénom, cette nouvelle politique visait -- sans doute, même si l’enjeu n’était pas nommé -- les personnes trans, non binaires, queer et non conformes dans le genre, pour qui l’accès aux études, au travail et à la vie universitaire demeure encore souvent précaire. 

Si cette mesure, qui suit l’adoption de pratiques similaires dans d’autres universités montréalaises et québécoises, peut être saluée, des étudiant·e·s concerné·e·s ont déjà souligné ses limites. La procédure de changement de prénom usuel ne garantit pas, pour commencer, son utilisation systématique. Il arrive souvent que resurgisse l’ancien prénom sur différentes plateformes, comme le dossier de bibliothèque ou le courriel étudiant. En témoigne Alex, étudiant·e à la Faculté des Arts, «en plus de ne pas appliquer le nom choisi à tous les services de l’UQAM, par exemple, au Registrariat, mon ancien nom surgit à tout bout de champ dans différents services supposément couverts. En somme, bien essayé, mais le service mérite d’être amélioré.»

Il ne s’agit pas d’un simple problème informatique, car le manque de cohérence dans l’application de la politique nuit aux étudiant·e·s au quotidien. 

À ceci s’ajoute, surtout, le caractère partiel de cette mesure. Bien qu’elle soit un bon début en matière d’inclusion, elle n’affecte ni la mention de genre de l’étudiant·e, ni le titre assigné à l’étudiant·e (Monsieur/Madame), ni l’initiale du prénom et la mention du genre qui figurent dans le code permanent étudiant.

Cette situation peut maintenir des étudiant·e·s dans une position inutilement inconfortable. Alors que le changement du prénom est censé appuyer leur affirmation et leur bien-être, le protocole en place et ses limites peuvent mener à un coming out forcé et davantage de visibilité non désirée.

De nombreuxes étudiant·e·s sont aussi employé·e·s à l’université, notamment comme auxiliaires de recherche, assistant·e·s d’enseignement et chargé·e·s de cours. Face à la précarité, les étudiant·e·s de la diversité de genre sont souvent contraint·e·s à accepter des conditions de travail inéquitables, dans lesquelles leur droit à l’autodétermination n’est pas respecté. Parmi les discriminations courantes figurent, entre autres, l’obligation d’expliquer et d’instruire l’employeur·se à propos de la diversité de genre, le refus de l’employeur·se d’utiliser les bons prénom et pronom (mégenrage) et la divulgation répétée du genre assigné à la naissance auprès de l’employeur·se et des collègues (être outé·e). Or, le fait que le changement de prénom usuel étudiant n’est pas harmonisé, pour le moment, avec les autres bases de données de l’université, notamment aux ressources humaines, crée des situations de non-concordance entre le prénom usuel et le dossier d’employé·e. Considéré sous l’angle de l’affirmation du genre, ceci compromet les effets positifs des mesures entamées par l’UQAM. 

Si l’UQAM a tenu à souligner sa présence au défilé de Fierté Montréal l’été dernier, c’est bien qu’il semble lui importer de mettre en application sa posture d’ouverture et de soutien envers les groupes plus marginalisés de sa communauté. On ne peut qu’espérer voir les mesures d’inclusion se multiplier et leur application s’harmoniser; qui sait, peut-être d’ici la fin de nos études.


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