Apprendre d’une crise sans précédent

14 avril 2020 publié par Laurence Taschereau

Apprendre d’une crise sans précédent

Dans le but de répondre aux besoins sociétaux en matière de gestion de crise, la faculté des sciences humaines de l'UQAM a décidé de mettre en place deux nouveaux programmes en résiliences, risques et catastrophe, afin de former des spécialistes « de planification, de préparation, d'intervention et de rétablissement post-catastrophe », comme l’indique l’université dans son communiqué de presse. 

Au moment d’écrire ces lignes, les gouvernements à travers le monde sont passés en mode gestion de crise, mais aussi, plutôt surtout, sont en apprentissage accéléré sur les moyens de lutte efficace contre un virus qui cause des dommages sans précédent. Pour Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l'UQAM et responsable des deux nouveaux programmes en résiliences, risques et catastrophe, cette période difficile à laquelle nous faisons face est le moment idéal pour collecter toutes les données possibles afin d’apprendre des bons comme des mauvais coups.

«Plusieurs organisations constatent que leurs plans de gestion de crise étaient insuffisants et qu’elles doivent aller plus loin», affirme l’expert en gestion de catastrophe.

La particularité de cette crise sanitaire que nous vivons en ce moment est qu’elle touche de manière directe la planète entière. Antérieurement, les sociétés qui ont fait face à des épisodes catastrophiques, que ce soient des inondations, des attentats, ou des crises sanitaires, ont pu compter sur l’aide internationale. Dans le domaine de la gestion de crise, faire appel au voisin est une des solutions efficaces enseignées, explique Yannick Hémond. Or, cette approche est difficilement envisageable en ce moment, alors que la plupart des pays ne sont pas en mesure d’offrir de l’aide à l’international, faute d'avoir les ressources nécessaires pour gérer la crise à l’intérieur même de leurs frontières. 

Considérant les particularités d’une crise d’ampleur internationale, la collecte de données à des fins de recherche est d’autant plus importante afin d’être mieux préparé advenant qu’une crise d’une telle ampleur survienne de nouveau. Le but de documenter et dater toutes les mesures mises en place par les différents paliers de gouvernements, autant ici, qu’à travers le monde, est d’analyser la prise de décision en fonction de l’évolution d’une crise, explique monsieur Hémond. Il serait facile d’affirmer après coup que certaines mesures ont été prises trop tardivement, ou encore qu’elles n’étaient pas adéquates, considérant que chaque crise est unique et que, dans ce cas précis, il est difficile de se baser sur la littérature existante. Les recherches effectuées par le responsable du programme permettront d’établir et comprendre le contexte et les facteurs qui peuvent mener à la prise de certaines décisions de la part des autorités.

Du point de vue du professeur en résilience, risques et catastrophes, la réponse du gouvernement du Québec en rapport à la crise est bonne. Évidemment, il y aura toujours place à l’amélioration. Par exemple, le gouvernement aurait pu fermer les frontières avant la semaine de relâche, où encore demander aux entreprises de fabriquer du matériel médical plus rapidement. Cependant, de telles affirmations sont contre-productives en pleine crise, selon Yannick Hémond.  

À ce jour, l’UQAM est la seule université au Québec à offrir une formation multidisciplinaire en gestion de catastrophe. Comme l’explique le responsable des deux nouveaux programmes offert à l’automne 2020, « on apprend à confiner des sociétés, et on va apprendre à déconfiner des sociétés ». Dès lors, les élèves apprendront non seulement à mettre en place des stratégies de planification et d’intervention, mais également à gérer la période d’après-crise. 

Crédit photo : Photo UQAM


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