Tirzah : témérités musicales et douceurs auditives

27 septembre 2019 publié par Eloïse Léveillé

Tirzah : témérités musicales et douceurs auditives

L’autrice-compositrice-interprète britannique Tirzah, de passage pour la première fois au Québec, foulait les planches du Théâtre Rialto jeudi soir dernier dans le cadre du festival Pop Montréal. Témérités musicales et douceurs auditives étaient au rendez-vous. 

La soirée a débuté avec la dream pop minimaliste d’Hildegard, le nouveau projet du duo Helena Deland et Ouri. Malgré des arrangements parfois dissonants et des harmonies de voix audacieuses, on sentait le public sensible à leur beauté hypnotique, attentif à leurs naïfs pas de danse et réceptif à leurs propositions musicales. Harpe, porte-voix et guitare électrique sont venus ponctuer le set de manière surprenante. Somme toute, pour une première performance, ça aurait pu être plus chargé émotivement. Maintenant que la glace est cassée, on a surtout hâte d’entendre ça sur album!

Jon Bap, quant à lui, assurait la deuxième partie de la soirée, avec ce qu’on pourrait qualifier de freejazz expérimental. L’artiste américain, bien établi avec ses quatre longs jeux derrière lui, comptait beaucoup de fans dans la salle (shoutout au garçon qui sautait et gesticulait comme un déchaîné pendant toute la prestation, à côté de moi). Pour avoir écouté quelques-uns de ses trucs avant de me rendre au Rialto, je n’étais pas étonnée d’être déstabilisée par sa musique du début à la fin : la basse, les deux guitares électriques, et la batterie déchaînée jouent sur des temps différents. Pendant que tout est chaos, les improvisations de voix de Jon Bap en sont le fil conducteur solide. Bref, c’était un c*** de bon show. 

Au tour de Tirzah d’entrer en scène, après s’être fait attendre pendant une bonne demi-heure. Elle aura été le point culminant de la chimie entre les deux premières performances de la soirée, pour donner un mélange de douceur et d’imprévisibilité. 

Si les premiers EPs I’m not Dancing et No Romance de Tirzah étaient habités par un son électronique plutôt punk et délabré, les pièces de son long jeu Devotion paru en 2018 proposent une vision fascinante de ce que la musique imparfaite peut être : agréable, à la fois en termes de sons et de sensations, précisément parce que les deux semblent si asymétriques et décalés. 

Pour ceux qui ne seraient jamais tombés sur l’une des compositions - que je pense qu’on peut qualifier de R&B contemporain ou de pop minimaliste - de Tirzah, ça fait penser à du Solange ou à FKA Twigs, mais avec un delivery franchement plus décontracté, sans cacher une magnifique gamme vocale toute en douceur.

Sur album, l’écoute de Devotion nous plonge dans une intimité organique avec l’artiste, portée par des pièces comme Fine Again, Guilty, Affection ou Say When. Chuchotements, respirations, bruits en fond, proximité de la bouche sur le microphone. En spectacle, c’est dans un état de transe que Tirzah nous a transportés.

Toute vêtue d’amples vêtements noirs  - à la Princess Nokia pendant sa phase emo - , sa timide présence a néanmoins captivé toute l’attention du public pressé d’entendre ce que la musicienne londonienne avait à offrir. Seule en avant, au centre de la scène, les mains derrière le dos, immobile, elle a livré presque toutes les chansons de son plus récent opus, ponctué de quelques pièces de ses premiers EPs, pour terminer sa prestation avec la vibrante Make it up, parue en 2015. Comme seuls accompagnateurs, la fidèle amie et réalisatrice Mica Levi (Micachu and The Shapes) s’occupait des claviers et Coby Sey se chargeait du drum machine et de la boîte à rythmes ainsi que des choeurs. Tirzah, quant à elle, s’est laissée aller à quelques moments sur le carillon et sur les bongos. Ma-gique. 

On pouvait facilement se fermer les yeux et se laisser emporter par la douceur de la voix de la chanteuse, puisqu’on ne ratait rien à ne pas regarder ces trois statues sur scène. Certains diront que le spectacle était vedge et je leur répondrai que Tirzah n’avait pas besoin de bouger pour nous éblouir. 


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