Noce de cuir: de l'amour et de la musique sous le soleil

10 juillet 2019 publié par Eloïse Chagnon

Noce de cuir: de l'amour et de la musique sous le soleil

On a trouvé l’amour à La Noce de cuir, du 4 au 7 juillet derniers. Le festival en plein air se tenait à Chicoutimi pour sa troisième édition et les planètes se sont clairement alignées parce que tout était parfait : la température merveilleuse, la présence d’une mariée-marionnette géante pour amuser les passants, aucun artiste n’a annulé sa prestation et l’incontournable tente à mariages à dix piastres, sans parler d’une programmation musicale très fun. Un système de navette en autobus scolaire a même assuré à tous les festivaliers un retour au bercail sans anicroches. Vraiment, ça transpirait l’organisation: on donne donc une bonne main d’applaudissements à la petite équipe derrière La Noce. J’oubliais presque la présence sympathique de la chanteuse des Deuxluxes Anna Frences-Meyer (vêtue de cuir de la tête aux pieds) comme invitée d’honneur du festival.

Enfin, la programmation musicale de La Noce de cuir était majoritairement émergente, à saveur pop, électro et rock. Entre autres, on a eu la chance de voir le Néozélandais Connan Mockasin, le DJ Kid Koala, le groupe The U.S. Girls, ainsi que des musiciens bien de chez nous comme Jesse MacCormack, Dead Obies, Vincent Vallières, Milk & Bone, Les Louanges, Philippe Brach, Pierre Kwenders et Choses Sauvages, pour ne nommer que ceux-là.

 

JEUDI 

Mathieu Aubre:

La soirée s’ouvre tranquillement pas vite sur le jazz champ-gauche de Benoit Paradis Trio. Alors que les gars semblent avoir bien chaud en veston sous le soleil record de Chicoutimi, leur musique se fait toutefois rafraîchissante. Avec humour, le musicien, accompagné de son habituel contrebassiste et de Martin Lizotte au piano, réussit à séduire le public encore un peu épars du festival.

Question d’y aller dans l’encore plus fucké, c’est ensuite Teke Teke qui prend le stage d’assaut. La formation de psych montréalo-nippone étonne, gardant toujours une énergie débordante malgré les 86 000 shows qu’ils semblent donner chaque année aux quatre coins de la province. On profite des ambiances shoegaze enveloppantes pour relaxer et se manger une bonne poutine, après quelques (trop) de verres de punch offerts par le festival.

La soirée devient d’ailleurs un peu floue, et c’est l’Auberge du Centre-ville qui devient mystérieusement un lieu d’accueil pour quelques festivaliers déjà en déroute. Faut dire que le karaoké de la place est particulier, dans tous les sens qu’on peut donner au terme, mais toujours fort sympathique. Trêve de mauvais chant ; on retourne sur le site du festival, à la Marina plus précisément, pour l’after de Jesuslesfilles. Si la qualité du son laisse à désirer, ce n’est pas le cas pour le groupe qui se fait toujours aussi génial chaque fois. L’esprit garage est présent à Chicout et ça paraît!

 

VENDREDI

Mathieu Aubre:

La journée commence tranquillement pour les médias avec une croisière sur le Fjord entre Saguenay et Sainte-Rose-du-Nord. Y’a des pires façons de vivre son hangover mettons! On rentre juste à temps pour attraper le show de Foubarasse, un band local. La formation fait dans l’expérimental assez weird, jumelant des saxophones à des séquences et des instruments d’inspiration japonaise en pvc. Ça surprend et c’est d’ailleurs là l’un des points forts de La Noce que de prendre des risques sur sa programmation. Et ces risques, on les constate dans les visages d’une gang d’enfants pas trop sûr de comprendre ce qui se passe sur scène.

Après moult péripéties, on atterrit finalement au show de Zach Zoya. Le jeune rappeur de Rouyn est fidèle à sa réputation avec un show impeccable, mené de main de maître aux côtés de son ami et complice Maky Lavender. Sa prestation reste donc nettement plus mémorable que celle de Naya Ali juste avant, une fille bourrée de talent, mais qui a pourtant offert une prestation presqu’en lipsync tellement ses chœurs étaient forts…

Le clou de la soirée restera tout de même Les Louanges. Le montréalais et son groupe se pointe devant une foule respectable et qui semblent connaître par cœur l’ensemble des textes de ses chansons. On est loin des Francouvertes d’il y a deux ans : le show est rodé à l’os, parfois même presque trop, et seule la qualité variable du son affecte notre plaisir. La bande conclut sur une version étirée de Tercel, prestation d’ailleurs filmée pour un éventuel clip, avant de revenir sur scène pour un drôle de rappel, y allant de sa chanson avec Qualité Motel. L’apex de fun ayant déjà été atteint, c’est un peu awkward, mais fort apprécié du public.

Eloïse Chagnon:

Pour clore les spectacles extérieurs de la deuxième journée du festival, les gars de Dead Obies ont quant à eux livré une prestation pas pire beige. Dans la forme, tout était ben correct (les beats, le flow, l’occupation scénique), mais les montréalais n’ont tout simplement pas réussi à enflammer la foule, jusqu’à ce qu’un petit mosh pit espacé se soit formé sur leur chanson métal-trap Tony Hawk. Il faut souligner que sans la présence de Yes McCan, une couleur de leur arc-en-ciel s’est effacée à tout jamais (je suis nostalgique de l’époque Montréal $ud, je pense). L’énergie n’était pas là. Mais bon… comme je disais plus tôt, c’était ben correct.

Plus tard, les formations hip-hop LaF et Heartstreet ont donné un spectacle vitaminé à la foule entassée dans le bistro Summum, non loin du site du festival. On a aussi eu droit à une méchante averse au moment de se rendre à l’after-party de la disc-jockey Yuki (Jesuslesfilles, IDALG), au café L’Érudit, aménagé dans une ancienne maison de notaire (wow). Le torrent de pluie n’a toutefois empêché personne de virer le party sur de bons vieux succès jusqu’à très très tard…! Tout ça, au grand dam des patientes chauffeuses d’autobus qui ont enduré des tounes de camp de jour chantées par une gang de bums ben chauds. 

 

SAMEDI

Eloïse Chagnon:

Samedi après-midi, La Noce a finalement accueilli son porte-parole Philippe Brach. La répartie de ce dernier et les blagues sur le fait d’être gelé sur les champignons hallucinogènes ont fait rire les admirateurs réunis sous le ciel de Chicoutimi. Ça chantait, ça dansait et sur scène, Brach sautillait gaiement entre ses musiciens, alignant ses succès avec aplomb. 

Pour le reste de la journée, tout s’est enchaîné à une vitesse folle puisqu’une dizaine d’artistes ont occupé les deux scènes en alternance. En rafale, mes moments préférés ; lorsque la chanteuse Munya a présenté un joli petit concert en solo, accompagnée à la danse country par ses deux tantes ; le soft-rock botanique de Laurence-Anne ; le chest à Félix Belisle de Choses Sauvages ; et la prestation de Yonathan Gat and The Eastern Medecine sur le mush, directement en avant. 

Toutefois, rien n’aura battu la présence de Connan Mockasin toujours armé de sa désinvolture caractérielle, vêtu d’un bas de pyjama satiné ainsi que d’un chapeau de pêche. Le soleil descendait tranquillement sur Chicoutimi, les festivaliers étaient excités et prêts pour ce beau moment que le musicien néo-zélandais leur avait préparé. Plus tard, les filles de Milk & Bone ont enchanté le public de La Noce avec leurs voix invariablement parfaites, et Kid Koala a fait vibrer la zone portuaire au grand complet. Vêtu de son costume de koala, il a présenté différentes compositions aux influences divergentes (métal, rock, hip-hop, électro) afin de « plaire à tous les goûts », disait-il. La soirée s’est terminée une seconde fois au café L’Érudit, animée cette fois par un DJ set funk-house complètement déjanté d’Air Canada Jazz (Choses Sauvages). 

 

En somme, ce fut une grosse fin de semaine d’air pur saguenéen, d’excellents spectacles en continu puis de files d’attentes pour se marier pas cher. 

 

Avec la collaboration de Mathieu Aubre

Crédits photos: François Larivière


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