Mural : Laboratoire urbain

19 juin 2019 publié par CHOQ.ca

Mural : Laboratoire urbain

Le mois de juin à Montréal annonce le début de la saison des rues fermées, non pas en raison des cônes oranges, mais bien en raison des nombreux festivals qui font le charme de la métropole durant la période estivale. La septième édition du Festival Mural est maintenant terminée, mais les dernières créations apparaîtront certainement dans votre fil d’actualité Instagram pour encore quelques semaines.

C’est également une opportunité en or pour les petites entreprises du boulevard Saint-Laurent qui peuvent souligner l’arrivée de l’été avec un achalandage constant.

Cette édition en était une de premières pour le festival : une plus grande diversité des matériaux utilisés dans la création des oeuvres, notamment la sculpture et l’installation d’une murale lumineuse, et une multiplication de l’offre musicale, si bien que la scène aménagée dans le cadre du festival était animée tous les soirs du 6 au 16 juin.

Saint-Laurent: le boulevard du street art

Impossible de faire le décompte du nombre de murales qui se trouve sur l’île de Montréal. Un Montréalais averti remarquera assez rapidement que le boulevard Saint-Laurent s’est transformé en salle d’exposition à ciel ouvert, en partie grâce aux artistes invités par les organisateurs du Festival Mural. Si bien que certaines des oeuvres disparaissent au profit d’autres, plus récentes. Après avoir discuté avec Pierre-Alain Benoît, directeur général du Festival Mural depuis 2015, les oeuvres en exposition dépasse les limites artistiques de la peinture:

Les artistes formant le duo PichiAvo (photo ci-dessous) ont hérité cette année du mur situé tout près de la scène du festival, alors qu’on y retrouvait auparavant une oeuvre de Ricardo Cavolo. Ce n’est donc pas par hasard que la présente édition se concentre sur de nouvelles formes d’arts urbains, «à un moment donné, tu manques de murs», admet Pierre-Alain Benoît. On retrouvait cette année les sculptures de Laurence Vallières, l’habillage d’un lave-auto par Joshua Vides et une murale à même le sol (oui, les organisateurs ont été en mesure de trouver une section de rue sans nid-de-poules, c’est tout de même incroyable).

Les muralistes sont ces enfants dessinant sur les murs de leurs chambres armés de crayons de bois, avant de voir leur élan créatif tout à fait anéanti par des parents horrifiés. On tend aujourd’hui des canevas vierges à ces peintres amateurs ayant troqué le crayola pour une canette de peinture.

Les réseaux sociaux ont sans aucun doute propulsé la demande de murales. C’est une vitrine qui permet aux artistes d’offrir un aperçu de leur travail, contribuant à l’affirmation de l’art urbain comme forme esthétique novatrice dans les grandes villes.

Montréal sous une autre façade

Le répertoire de fresques permanentes augmente d’année en année depuis les débuts du Mural, mais la métropole n’a pas toujours été fascinée par la culture urbaine qui en déplace dorénavant des milliers.

Sterling Downey, graffiteur montréalais de renom et fondateur du festival Under Pressure, se souvient d’un rapport très peu conciliant entre la Ville et une communauté underground et ce, il y a seulement quelques années.  Non seulement il n’avait pas le support de Montréal, mais le graffiti était un art encore bien associé à une pratique vandale, voire criminelle.

La perception des commerçants et du grand public a nettement évoluée entre deux époques aux attitudes complètement différentes.

Ironiquement, Sterling Downey est à ce jour conseiller de ville du district Desmarchais-Crawford dans l’arrondissement de Verdun et maire suppléant de la Ville de Montréal. Si la Montréal peut jouer un rôle dans la multiplication et la démocratisation de l’art urbain, Sterling Downey croit qu’il faut «continuer d'encourager l’art de rue et [...] donner une certaine latitude [aux artistes] ». Si le boulevard Saint-Laurent ne manque pas de murs avec déjà plus d’une centaine d’oeuvres à son actif, l’espace restreint devant la scène limite les ambitions du festival dans programmation musicale.

Un heureux problème

La scène du festival limite de plus en plus les ambitions des organisateurs. «Dès la deuxième année, on savait qu’on avait une certaine nécessité d’étendre le territoire des murales». Les spectacles de grande envergure comme ceux de SchoolBoyQ (2016) ou de Post Malone (2017) se sont déroulés dans une zone assez restreinte si l’on se fie à la popularité de ces vedettes. «Cette année, la structure qu’on a prise avec des évènements de moyennes tailles, c’était comme si on avait réparti nos ressources sur 10 soirs au lieu 2 ou 3», avoue le directeur général du festival.

Force est de constater que le festival déborde de plus en plus sur les rues adjacentes. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant de voir les festivités se déplacer vers un plus grand espace. Il n’est cependant pas question de quitter les abords du boulevard qui a fait la popularité de l’évènement. «C'est un gros dilemme pour nous [...] On pourrait aller voir la ville et dire qu'on veut le parc Jeanne-Mance, explique Pierre-Alain Benoit. On a plein d'idées, mais ce n'est pas évident de les réaliser et que le public suive».

Un article de Laurent Corbeil et Michaël Laforest

Crédit photo : Michaël Laforest pour CHOQ.ca


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