Les victimes d'agressions sexuelles s'unissent

21 juillet 2020 publié par Léa Delambre

Les victimes d'agressions sexuelles s'unissent

Le 19 juillet dernier, en réponse à la grande vague de dénonciations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux, le collectif féministe C’est assez a invité les militant.e.s à sortir dans les rues pour soutenir les victimes, responsabiliser les violeurs et honorer le consentement.  

Sarah Chelhot, la responsable de la logistique de cette marche, explique que le collectif C’est assez revendique un système judiciaire plus juste et adapté pour les victimes d’agressions sexuelles, une réduction  d’au moins 50% le budget accordé au Service de police de la ville de Montréal et de verser cette somme d’argent aux organismes qui luttent contre les violences sexuelles, le racisme et la disparition des femmes autochtones. 

Avant le départ de la marche, il y a eu plusieurs témoignages qui portaient sur les agressions sexuelles, la discrimination envers les communautés autochtones et les communautés racisées ainsi qu’une critique poignante sur le financement exorbitant de la police. Selon Radio-Canada, ce serait une somme de 665 millions de dollars qui aurait été octroyée, en 2020, au Service de police de la Ville de Montréal. Les discours ontété interrompu par un automobiliste muni d’une bannière pro-Donald Trump, mais les responsables de l’événement sont intervenues pour éviter les frictions. 

N’oublions pas que le 17 juillet 2020, le collectif avait publié un communiqué de presse dénonçant la circulation, sur les réseaux sociaux, de messages haineux et de menaces explicites. On y retrouvait certains noms, photos et adresses IP des organisatrices de l’événement. C’est assez avait donc cru important de réévaluer l’événement.

La marche s’est terminée devant le palais de justice. Cela avait comme objectif de dénoncer le système judiciaire actuel qui n’arrive pas à répondre aux besoins des victimes d’agressions sexuelles et qui profite davantage aux agresseurs et aux agresseuses. Rappelons-nous que selon Statistique Canada, moins de 15% des plaintes mènent à des poursuites criminelles et moins de 10% à une condamnation au pays

Sarah Chelhot trouve que le système judiciaire est «inapproprié» pour les victimes d’agressions sexuelles. Cela expliquerait pourquoi, selon elle, certaines victimes décident de dénoncer publiquement leur agresseur ou leur agresseuse, sans pour autant le dénoncer à la police. 

L’événement s’est conclu avec  des témoignages de plusieurs manifestantes  qui disaient espérer que cette institution soit plus juste et plus adéquate face aux luttes contre les violences sexuelles. Ces victimes ont pu exprimer leur souffrance, leurs larmes et leur rage. Certaines ont même nommé leur agresseur. 

La responsable de la logistique de l’événement a expliqué que cette nouvelle vague de dénonciations d’agressions sexuelles a pris plus d’ampleur que #Agressionnondénoncée en 2014 et #MoiAussi en 2017, car cette fois-ci, les actes dénoncés ne sont pas tous jugés comme criminels selon la loi. Les gestes et les remarques déplacés sont également critiqués et remis en question par les victimes non-consentantes.

Selon Sarah Chelhot, cette nouvelle vague de dénonciations est beaucoup plus inclusive et intersectionnelle. «Cela va permettre d’amorcer un changement grandiose», ajoute-t-elle.

 

Crédit photo : Sarah Chelhot


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