Les poules : une amie de confinement bien populaire

18 mai 2020 publié par Camille Foisy

Les poules : une amie de confinement bien populaire

L’autosuffisance alimentaire est aux goûts du jour dans la province en temps de pandémie: plantation de semi, création de jardins, apiculture, etc. Plus récemment, les médias parlent d’un enthousiasme pour l’adoption de poules en milieu urbain, mais s’agit-il d’une simple mode pour passer le temps en confinement?

Durant la pandémie, Alicia Bergeron-Aubre a déménagé à Ste-Hélène-de-Chester. Son déménagement n’est pas un arrêt temporaire, il était planifié tout comme l’adoption de poules pondeuses, et ce, depuis plusieurs années. Avec du temps devant soi, Alicia a profité de la période de confinement pour mettre en marche le processus d’adoption.

Malgré son désir d’avoir des poules pondeuses ce printemps, Alicia se trouve bien en retard face à d’autres québécois.e.s qui ont profiter de la pandémie pour installer un poulailler dans leur cour. Augmentation des prix des poules, rupture de stock et liste d’attente interminable ; la famille Bergeron-Aubre ne pourra produire ses propres oeufs avant l’automne. Les oeufs fécondés qu’elle a commandés il y a 2 semaines éclaireront après 21 jours, puis deviendront des poules pondeuses (ou des coqs) après 19 semaines.

Selon Paulin Bouchard, président de la Fédération des producteurs d’oeufs du Québec (FPOCQ), il faudra placer sa commande auprès des magasins agricoles au mois de décembre et janvier pour adopter une poule pondeuse au printemps.

Il arrive par contre bien souvent que les fermes aient des poules en plus. Depuis 2016, alors que les municipalités ont commencé à accepter les poules en milieu urbain, les distributeurs ont augmenté leur commande auprès des couvoirs pour pouvoir répondre à l’accroissement de la demande. Ce surplus a été par contre loin d’être suffisant ce printemps lorsque les gens se sont rués vers l’adoption de la volaille pour occuper leur confinement.

Une question d’éducation

Ce qui inquiète surtout les organisations animales et agricoles c’est que les gens se lancent dans l’adoption comme des poules pas de tête, par crainte que le marcher de l’oeuf en temps de pandémie ne puisse plus fournir. Paulin Bouchard explique que chaque matin ce sont 5 millions d’oeufs qui sont rendus disponibles pour la consommation québécoise, soit le même nombre qu’avant le confinement.

Louise Arbour, de l’organisme Poules en ville et derrière l’implantation de plusieurs lois municipales, explique que la pandémie a simplement donné la motivation qui manquait à ceux  et celles qui chérissaient ce projet d’adoption depuis longtemps. Elle assure également aux villes que plusieurs filets de sécurités existent pour contrôler les plus impulsif.ve.s.

Plusieurs de l’industrie aviaire cultivent également la crainte que les nouvelles familles d’adoption aient un manque de connaissance avant de faire le grand saut. La fondatrice de l’organisation Poules en ville a pour mission de renseigner les gens sur les bonnes habitudes à prendre après l’adoption de poules en milieu urbain. Avec les mesures de distanciations sociales, Louise Arbour a adapté en format web sa formation de cinq heures qu’elle donne autrement chez elle.

Un autre élément qui assure une bonne conduite des citoyens dans l’adoption de poules en milieu urbain est l’implication des villes. Louise Arbour explique que la ville de Mascouche, par exemple, exige que les nouveaux propriétaires de cette volaille aient reçu la formation de Poules en ville et aient un certificat en main pour obtenir un permis. La fondatrice de l’organisme explique donc que c’est à travers l’éducation des citoyens et des municipalités que les poules pourront être élevées dans le meilleur environnement possible, et ce, autant pendant qu’après le confinement.

 

Crédit photo : Louise Arbour, Poules en ville


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