Festival Nuits d'Afrique: Songhoy Blues fait suer le Théâtre Fairmount

16 juillet 2019 publié par Estelle Grignon

Festival Nuits d'Afrique: Songhoy Blues fait suer le Théâtre Fairmount

Le Festival Nuits d’Afrique continue de battre son plein, avec sa programmation extérieure qui débute dès aujourd’hui. C’est toutefois en salle que je me suis retrouvée lundi soir. Deux jours après le passage inspirant et inspiré de l’envoûtante Jah9, c’était au tour du groupe Songhoy Blues de défendre ses compositions sur les planches du Théâtre Fairmount.

Si Jah9 faisait hocher de la tête les festivaliers, les quatre mauvais garçons de Songhoy Blues étaient là pour faire danser. Et danse il y a eu. Tout au long du concert, les spectateurs bougeaient sans arrêt, faisant fi des gouttelettes de sueur qui ruisselaient le long de tous leurs membres. Autant le groupe du Mali joue avec un naturel déconcertant, autant chaque mesure semble avoir été étudiée avec précision pour qu’elle offre le plus grand potentiel de mouvements de bassin possible.

Et qu’on se comprenne bien. Songhoy Blues ne joue pas sur des claviers, des percussions exotiques ou des cuivres. Ils ont les mêmes instruments que l’on pourrait voir dans un groupe rock des plus rudimentaires. Une batterie, une basse, une ou deux guitares et de la voix. That’s it. Si bien que la seule étiquette de « musique du monde » ne semble pas trop à propos pour la formation, qui s'approchaient par moments du côté dansant du post-punk. C’est plutôt dans leur façon de jouer que la formation se démarque.

Un grand danseur

Commençons par le chanteur, Aliou Toure. Sa voix n’a rien d’exceptionnel, mais son énergie sur scène est franchement contagieuse. S’il joue un peu de guitare sur quelques pièces, c’est lorsqu’il dépose son instrument qu’il devient le plus impressionnant. Même si les candidats étaient nombreux dans la salle, c’est définitivement lui qui remporte la palme du meilleur danseur de la soirée. Chaque passage instrumental était accompagné de pas de danse complètement fous, allant du moonwalk à des routines qui n’ont pas de nom tellement elles n’existent qu’en dehors de notre galaxie.

À sa droite, Garba Toure préfère faire danser ses doigts sur sa guitare. Ce n’est pas vraiment une métaphore : le musicien a passé à peu près 14 secondes dans tout le spectacle sur des accords. Tous ses riffs de guitare étaient autrement hautement compliqués et difficiles à comprendre. Mais cette virtuosité était toujours au service de la chanson et du rythme. Ce dernier était tenu surtout par le bassiste Oumar Toure, qui devait essayer d’ancrer toutes les simagrées musicales de ses collègues. Il faut dire que le batteur Nathanael Dembele avait beaucoup de plaisir à introduire des rythmes complexes qui jouaient souvent dans la cour du 3/4 et du 6/8.

Le résultat a été une performance solide et sans temps mort de 13 chansons. Je trouvais déjà Songhoy Blues intéressant sur disque, mais il faut les voir sur scène pour comprendre tout leur potentiel. Ce n’est pas pour rien que le guitariste légendaire Nile Rodgers a invité le groupe à son propre festival au mois d’août, et que le parrain du punk Iggy Pop a collaboré avec la formation dans le passé. Si le road trip vous dit, le quatuor fera le tour des États-Unis en plus de s’arrêter à Vancouver et Toronto, à l’automne.

EMDE séduit les timides

En début de soirée, c’était au Malien d’origine EMDE de venir divertir la foule. Même si le musicien collectionne les prix par les temps qui courent, il a dû travailler fort pour conquérir le public disparate. Le parterre de la salle était en effet bien dégarni lors de son arrivée sur scène, alors que le public préférait regarder en périphérie. Assises au fond de la salle, ma collègue Laurence et moi avons décidé à mi-chemin de traverser la lisière de gens debout pour venir nous asseoir à l’avant.

C’est à ce moment-là que nous avons vraiment pu apprécier le travail d'EMDE. Celui qui est maintenant basé à Montréal offrait une musique beaucoup plus planante que celle du groupe qui attendait d'entrer sur scène. Ce qui retient surtout l’attention chez lui, c’est le fait qu’il joue avec des instruments qu’il a lui-même inventés. On le voit donc jouer avec son bahouinou, instrument à 15 cordes qui se mêlait drôlement bien à la guitare de son collègue. Il a également apporté un instrument de percussion aux possibilités multiples que je n’avais jamais vu avant. Sans mes lunettes, j’avais beaucoup de difficulté à comprendre comment il pouvait générer autant de sons avec ce seul outil. Vers la fin du spectacle, EMDE a commencé à faire participer la foule dans ses péripéties, ce qui a semblé la réveiller. Après son passage de cinq ou six (très longues) chansons, le multi-instrumentiste pouvait retourner satisfait dans sa loge

Ceux qui ont manqué EMDE seront heureux d’apprendre qu’il performera une seconde fois dans le festival. Il jouera en effet sur la grande scène TD Radio-Canada le 21 juillet à 17 :00. Comme tous les spectacles présentés à l’extérieur à la Place des festivals, ce concert sera gratuit.


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