Festival International de Jazz de Montréal : l'histoire musicale de K-Iri

06 juillet 2019 publié par Pascal Filippi

Festival International de Jazz de Montréal : l'histoire musicale de K-Iri

Au loin une voix qui s’harmonise sur des accords de guitare et de violon qui nous apaise. Il fait chaud, très chaud en ce jeudi 4 juillet et aujourd’hui se produit sur une des scènes du Petit Parterre, à l’angle de boulevard De Maisonneuve et Clark, le groupe K-Iri.

L’atmosphère est décontractée, le public est au rendez-vous. Certains sont assis voir allongé sur la pelouse, tandis que d’autres sont debout devant la scène. Tout ce beau monde se laisse bercer par la musique aux couleurs soul ethio jazz que le groupe joue.

K-Iri est un duo composé de la violoniste et chanteuse Kayiri, ayant des racines au Burkina Faso, et de Iri Di à la guitare et au chant, originaire d’Éthiopie. Afrique de l’Ouest, Éthiopie, Amérique du Nord : la diversité de leurs racines teinte leurs chansons qui oscillent entre le jazz et le soul.

Au centre de la scène accompagné de son orchestre, seul Kayiri est présente. Elle est maquillée et habillée d’une belle robe au motif des pagnes wax qu’on retrouve en Afrique de l’Ouest. 

Leur premier morceau s’achève avec la prise de parole de cette dernière « Bonsoir le festival de jazz comment ça va ? Comme vous pouvez le voir, il manque quelqu’un avec moi. Iri n’est pas là, elle a dû retourner en France. Elle va bien ne vous inquiétez pas. Parfois, la vie nous fait passer des épreuves comme ça. Parfois, on se demande est-ce que nous sommes une proie pour des vautours qui veulent nous prendre ? Mais non, moi, je pense que parfois ces épreuves sont là pour nous faire grandir et les vautours sont là pour nous élever. » Après ces paroles à la fois tristes et pleines de sagesse, la chanteuse invite sur scène le joueur de kora Laso pour la prochaine chanson Vultures

Les notes scintillantes tel des gouttes de pluie, la kora ponctue les paroles de Kayiri, le tout accompagné par des accords blues du guitariste.

Pour le morceau d’après Kayiri nous amène dans plus de douceur en invitant la chanteuse Sarah MK, chanteuse soul RnB, qui reprend son single Could It Be. Kayiri accompagne alors la chanteuse avec son violon, virevoltant sur scène.

Après un tonnerre d’applaudissements, Kayiri nous explique d’où vient son nom « Dans K Iri, moi, je suis le K, et Iri di est Iri. Kayiri, c’est mon deuxième prénom. Il est d’origine Samo, un peuple du Burkina Faso dont appartient mon père qui est ici présent. Bravo papa ! » Le père debout dans la foule regarde sa fille avec tendresse et émotion. 

«Kayiri veut dire “penser ce que vous voulez”. Quand j’ai compris la signification de mon prénom ça m’a rendu fier. La prochaine chanson Mama yiri parle de la liberté d’expression. Je l’ai écrite avec mon père. C’est important de réaliser la chance qu’on a de pouvoir s’exprimer librement ici, alors que dans d’autres pays comme au Soudan ce n’est pas le cas. »

Dans la foule, le père chantonne les paroles de la chanson qu’il a écrites avec sa fille, tandis que sur scène Laso délaisse son instrument pour une grande flûte.  L’atmosphère est électrique, quand soudain le rappeur Shem G prend place et nous envoie toute son énergie à travers un flow intense et soutenu.

Après une gorgée d’eau, la chanteuse reprend la parole. « En Ethiopie, il existe plusieurs ethnies et Iri vient de la tribu des Hamers. La prochaine chanson que je vais chanter est une chanson qu’elle a entendue dans sa tribu, Wallisso, qui veut dire la maison familiale.» La chanteuse se lance alors dans un refrain entraînant chanté en amharique.

Tout au long du concert, l’univers de K-Iri empreint de force et de profondeur nous emmène en voyage dans les contrés d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est. Elles ont dernièrement sorti un album du nom de Out of Odd Watters qui pourrait plaire aux amoureux de soul, world music et ethio jazz. Ovation du public pour leur dernier morceau, chacun rentre chez soit avec plein d’images dans les yeux et de belles chansons dans la tête.

Crédit photo : Jean-Baptiste Demouy pour CHOQ.ca


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