Festival de la chanson de Tadoussac: survivre

30 juin 2019 publié par Estelle Grignon

Festival de la chanson de Tadoussac: survivre

Je vais vous faire un aveu : je n’avais jamais mis les pieds sur la Côte-Nord auparavant. Autant j’aime voyager, autant j’haïs faire de la route dans une auto. J’ai le mal des transports facile. Mais une fois à Tadoussac, je ne pensais pas aux maux de ventre. Difficile de penser négativement devant les décors saisissants. Chaque moment passé au festival ou presque se déroule à proximité de la mer. La route pour atteindre notre auberge parcourt une forêt dense. Même si les maringouins sont particulièrement coriaces, ce changement de décor par rapport aux cônes oranges et aux gratte-ciels de la métropole est le bienvenu.

Et pourtant, la journée de vendredi a été si remplie que je n’ai pas eu la force de me lever assez tôt samedi pour explorer la ville. À 10h du matin, Maude Audet donnait un spectacle à la Pointe-à-l’islet, en plein dans le brouillard. Impossible pour moi toutefois de sortir du lit à temps, même si une deuxième représentation avait lieu à 10h40. J’ai vu les photos de François et je suis honnêtement plutôt jalouse.

 

L'heure de la sieste

Encore une fois, nos amis de CHYZ et nous étions au sympathique restaurant Le Bateau pour faire une émission radio de deux heures. On y a eu droit à une performance éclair de P’tit Belliveau, qui visitait la Côte-Nord sans ses Grosses coques, et une autre de Belle grand fille. Le plan initial était de se rendre à quelques spectacles immédiatement après, mais l’appel de la sieste s’est fait sentir. Ça devient dur sur nos petits corps frêles pas en forme de courir les spectacles non-stop plusieurs jours de suite. Surtout, quand on termine la soirée alors que le soleil commence la sienne.

C’est finalement à Sara Dufour que la journée de spectacles commence pour vrai pour moi. La principale intéressée se paie un tour de scène d'une bonne heure et demi, et se permet de jouer jusqu'à ce que l'on en empêche. Son spectacle mêlait bon rock et (très) longues interventions. Elle a la jasette facile, disons. Mais son humeur festive était toute indiquée pour la scène Belle Gueule, où les festivaliers commandaient de la bière à cœur joie.

Jérôme 50

C’était donc logique de programmer un spectacle de Jérôme 50 juste après. Musicalement, son projet est beaucoup moins niaiseux que ce à quoi je m’attendais. Quand il décide d’être sérieux deux secondes, ce Jérôme est capable de faire de belles choses. Ceci étant dit, quand il décide d’être un peu absurde, ça donne de beaux résultats aussi. Que ce soit en reprenant P.I.M.P. à la saveur thug de Limoilou ou le classique de camp de vacances J’ai une tante du Maroc qui s’appelle hip-hop, il prouve qu’il sait déconner sans être impertinent. On salue d’ailleurs Jérôme 49, mascotte fort sympathique qui est venue faire un tour sur scène avec lui.

Philippe Brach se découvre fédéraliste

Après une bière rapide, on réussit à se rendre au spectacle de Philippe Brach au sous-sol de l’église. Contrairement à ce qu’on a vu au concert qu’Hubert Lenoir avait donné la veille, l’entrée est facile et fluide. Il faut dire qu’on arrive avec un léger retard. Ça aide.

Pour l’occasion, Philippe Brach brandit un drapeau du Canada et fait plusieurs commentaires sur le beau grand pays. Le public n’a visiblement pas voté « non » au dernier référendum. Pas seulement parce que la moyenne d’âge est trop basse pour avoir eu 18 ans en 1995 : les huées pleuvent sur Brach à chaque mention de l’unifolié. « Tabarnak, je me fais rincer » lance Brach, visiblement amusé de la situation.

L’auteur-compositeur-interprète n'a pas fait que de la politique: il a aussi joué plusieurs chansons. Même s’il a fait paraître Le silence des troupeaux il y a deux ans, c’est son album Portrait de famine de 2015 qui semblait faire vibrer la foule le plus fort. Alice et D'amour, de booze, de pot pis de topes ont particulièrement résonné dans le public.

Malgré la fatigue, ma soirée s’est étirée jusqu’au lever du soleil encore une fois. Certains moments deviennent plus flous à mesure que la soirée avance. Mais étant si bien entourée avec nos amis de CHYZ et les nombreux festivaliers joyeux, le manque de sommeil aura valu la peine.

 

Crédits photos: François Larivière pour CHOQ.ca


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