Festival de la chanson de Tadoussac: Plein de soleil, plein de volume

29 juin 2019 publié par Estelle Grignon

Festival de la chanson de Tadoussac: Plein de soleil, plein de volume

Après un jeudi dédié au transport et à quelques petits spectacles, l’aventure de CHOQ à Tadoussac a bel et bien commencé vendredi.

La journée prend son envol en début d’après-midi au chaleureux restaurant Le Bateau. Situé dans l’un des plus vieux bâtiments de Tadoussac, le restaurant familial possède une grande terrasse avec une vue imprenable sur le fjord et la forêt dense. C’est ici que CHOQ fait équipe avec ses nouveaux BFF de chez CHYZ 94,3, radio de l’Université Laval, pour une émission commune. Pendant l’émission, nous avons la chance de voir Marie Claudel interpréter quelques extraits de son spectacle en version guitare-voix. On sait que Marie Claudel a du talent, mais c’est toujours franchement touchant d’entendre ses chansons réduites dans leur plus simple appareil.

Lou-Adriane ensoleillée

Arrive 17h et la chance de voir Lou-Adriane Cassidy performer à la scène Hydro-Québec. On annonçait du temps gris à Tadoussac selon mon application mobile de météo. Sauf que la météo a décidé de faire autrement et d’envoyer un soleil de plomb sur la scène. « Si vous voyez que je ferme les yeux, c’est pas que je suis full intérieure, c’est que j’ai le soleil dans la face. »

Ceci dit, après avoir vu Lou-Adriane trois fois lors de son parcours jusqu’en finale des Francouvertes en 2018, il faut dire qu’elle est drôlement plus à l’aise sur scène. Elle se dandine comme s’il n’y avait pas de lendemain et occupe tout l’espace que lui confère la toute petite scène.

Zachary Richard: l'homme, la légende

Après une pause souper signée pizza congelée de l’Inter marché, François et moi décidons d’aller faire un tour au spectacle de Zachary Richard dans l’église. Pas que nous soyons les plus grands fans du valeureux monsieur. Mais tant qu’à l’avoir sur place, aussi bien aller le voir.

Et quelle bonne idée! Son spectacle était touchant, drôle, pertinent. Et très beau. Durant le spectacle, il invite son petit-fils Émile Cullin à monter sur scène. Émile est atteint d’un handicap neuromoteur, ce qui ne l’a pas empêché de faire un album avec grand-papa en 2013. « J’aime la vie et toutes les créatures » chantent Richard et Cullin à l’unisson, un refrain qui vient directement de l’esprit du plus jeune. Les gicleurs partent dans ma face et je laisse quelques larmes couler. La chanson se termine avec une ovation debout franchement méritée.

Mais aller dans un festival, c’est parfois avoir un spectacle sur scène et un autre dans la foule. Un homme se fait coucher dans l’allée : j’imagine qu’il a vécu un malaise. Deux ou trois personnes s’occupent de lui. Mais comme on se retrouve dans une salle remplie de baby-boomers assumés, on y retrouve de bonnes grappes de voéreux. Déjà, plusieurs se retournent et observent de leurs yeux envahissant la scène. Une dame se lève cinq rangées plus loin et monte les marches pour faire semblant d’être utile devant l’homme en état de choc. D’un même élan, un monsieur assis en plein milieu de ma rangée bouscule tout le monde pour aller se planter sur cette nouvelle scène, comme s’il avait quelque chose à offrir autre qu’une présence dérangeante. Bref, deux grands champions.

Qu’à cela ne tienne. Mis à part cet incident, les spectateurs sont attentifs et prêts à être touchés par les chansons. Il fallait s’y attendre : il fallait soit une passe VIP ou un billet spécifique au concert pour être sur place. Donc à part quelques joyeux membres des médias, personne n’était là par hasard.

Soucy-couça

Après le spectacle, on décide d’aller à côté voir le concert de Soucy, un jeune artiste de qui on avait entendu de bons commentaires. Pas de moments touchants ici par contre. Nous ne sommes restés que le temps de prendre quelques photos et finir une bière. La musique de Soucy varie entre à peu près tous les styles que les Colocs ont empruntés dans les années 1990. La mise en scène est sympathique : certains membres du groupe enfilent des masques d’animaux pour refléter les fables de monsieur.

Mais quelque chose cloche durant le spectacle. Soucy a un petit quelque chose difficile à identifier qui le rend un peu désagréable. Son univers est coloré, mais les agencements de couleurs ont déjà été mieux faits avant. Et surtout, il semble y avoir quelque chose de faux, de peu authentique dans la démarche. Bref, un spectacle qui devient presque divertissant tellement il est frustrant.

On quitte juste au bon moment: sur le chemin du retour, on croise Zachary Richard, le vrai, en chair devant nous. Avec sa générosité légendaire, il accepte de poser avec nous pour quelques photos. Un grand homme.

Marie Claudel, Hubert Lenoir et les décibels

Vers 22 :30, je finis par trouver la scène Télé-Québec, enfouie sous l’hôtel Tadoussac. Marie Claudel est de retour dans ma mire, cette fois avec un batteur. David Marchand devait aussi l’accompagner à la basse, mais semblerait-il qu’une overdose de moules l’ait envoyé à l’hôpital.

Reste que Marie Claudel sonne cinquante fois plus grande avec une seule guitare électrique et une batterie. Elle interprète les chansons de son album Ne parle pas aux étranges devant un public malheureusement relégué à des chaises. « Ce n’est pas trop rock? » demande-t-elle. « C’est mon rêve que les gens aient besoin de mettre des bouchons dans mes shows. » On s’imagine déjà la phase noise-shoegaze de sa carrière.

C’est enfin Hubert Lenoir qui conclut la soirée. Dehors, une file immense attend de rentrer avec impatience. Si bien que les médias doivent attendre que tous les détenteurs de billets et de passes spécifiques puissent entrer. C’est qu’on n’est même pas certains de pouvoir assister au spectacle. On réussit toutefois, environ une demi-heure après l’heure prévue de début du spectacle, à pénétrer dans le sous-sol de l’église. Heureusement, le concert est retardé quelques peu pour permettre à tout le monde d’entrer.

Hubert Lenoir revient donc sur scène deux semaines après avoir « tué » Darlène aux Francos. Il commence quand même son spectacle avec Ton hôtel, J-C et Recommencer. Pendant la deuxième pièce, il demande le silence complet à la foule. Peut-être que c’est la fin de soirée et la bière pas chère, mais le silence est impossible à obtenir. « J’ai été partout dans le monde dans la dernière année pis vous êtes les pires à fermer vos gueules » dit-il dans le micro. Honnêtement, provocation ou pas, l’insulte était franchement méritée.

Le reste du spectacle se passe toutefois sans aucune autre anicroche. Un mosh pit se crée devant la scène et je dois avouer qu’il s’agissait là d’un des cercles les plus respectueux et gentils que j’ai vu de ma vie. C’était comme mosher sur un nuage. Sur scène, Hubert Lenoir n’a pas exactement la même fougue qu’on a déjà vue. Mais comme j’ai dit à la fille qui avait fait du pouce de Québec pour se retrouver sur la guest list « Hubert Lenoir à 80% c’est quand même meilleur que la plupart des bands. »

La soirée se termine dans un sympathique bar au bord de la plage, où deux employées servent des bières et des shooters sans arrêt au son d’une playlist rétro bien dansante. Force est d’admettre que Tadoussac sait fêter.

 

Crédit photos : François Larrivière pour CHOQ.ca


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