Éditorial : prendre une pause de la course aux likes

07 mai 2019 publié par Camille Foisy

Éditorial : prendre une pause de la course aux likes

Avec Instagram qui retire le nombre de mentions j’aime, le débat autour des problèmes psychologiques reliés à l'utilisation des réseaux sociaux est revenu aux goûts du jour. Nous avons décidé de pousser la réflexion plus loin : devrions-nous prendre des pauses des réseaux sociaux ?

Si vous ne compreniez toujours pas ce qui se passe sur votre fil Insta, la multinationale a bel et bien décidé de dissimuler le nombre de mentions j'aime sous les publications pour un temps indéterminé au Canada. Selon le directeur d’Instagram, Adam Mosseri, la logique derrière cette décision serait de faire du réseau social un environnement moins oppressif, une plateforme où compétition ne règne plus. Bien entendu, c'est un premier pas vers la protection de la santé mentale des utilisateurs et utilisatrices, mais devrions-nous arrêter notre réflexion à ça ? Je ne crois pas.

Il n’y a définitivement pas de bonnes ou de mauvaises façons de se sentir beau/belle. Si toi, ce qui t’empower, c’est de publier un selfie avec la légende « felt cute, might delete later » bin vas-y cher.e ! Par contre si la seule raison pour laquelle tu le fais c’est pour voir le nombre de mentions j’aime augmenter ou parce que tu veux te sentir plus fin.e que l’autre à côté, là il y a un problème. Il y a un problème parce que d’une certaine façon tu bases ta valeur sur la comparaison et l’appréciation des autres.

On ne se le cachera pas, pour atteindre la satisfaction du nombre ultime de mentions j'aime et pour avoir cette fameuse approbation des paires, on va publier notre réalité sous son plus beau profil, comme une version 2.0 de nous-même. Il se trouve aussi là le problème.

Les gens montrent seulement les meilleures facettes de leur vie. Pour citer Paul, notre directeur de la programmation : « les influenceurs de vins montrent seulement leurs plus belles bouteilles et cachent les cheap qu’ils boivent la semaine. Il n’y a aucune chance qu’ils puissent s’offrir ça tous les jours. »

Bien que certains, comme notre cher Paul, arrivent à rationaliser cette image améliorée, ce n'est définitivement pas chose commune. « Ces comparaisons ont pour effet de diminuer l’estime de soi, augmentant ainsi le risque et la gravité des symptômes de dépression, d’anxiété et d’une foule d’autres émotions et comportements malsains » selon le document Les risques des médias sociaux pour notre santé mentale du centre de psychologie canadien Homewood Santé.

On ne se le cachera pas, pour atteindre la satisfaction du nombre ultime de mentions j'aime et pour avoir cette fameuse approbation des paires, on va publier notre réalité sous son plus beau profil, comme une version 2.0 de nous-même. Il se trouve aussi là le problème.

Les gens montrent seulement les meilleures facettes de leur vie. Pour citer Paul, notre directeur de la programmation : « les influenceurs de vins montrent seulement leurs plus belles bouteilles et cachent les cheap qu’ils boivent la semaine. Il n’y a aucune chance qu’ils puissent s’offrir ça tous les jours. »

Bien que certains, comme notre cher Paul, arrivent à rationaliser cette image améliorée, ce n'est définitivement pas chose commune. « Ces comparaisons ont pour effet de diminuer l’estime de soi, augmentant ainsi le risque et la gravité des symptômes de dépression, d’anxiété et d’une foule d’autres émotions et comportements malsains » selon le document Les risques des médias sociaux pour notre santé mentale du centre de psychologie canadien Homewood Santé.

 

Vaut mieux prévenir que guérir

L’idée de prendre une pause peut oui permettre de vous distancier de la comparaison et de l’anxiété sociale, mais aussi d'agir à titre de prévention face à une possible dépendance. Selon une étude publiée dans la revue Psychological Science en 2012, les réseaux sociaux pourraient créer une dépendance plus forte que celle liée à l’alcool ou à la cigarette.

Prendre une pause ne veut pas nécessairement dire au revoir au stories instagram à tout jamais. Simplement se fixer des limites de consommations par jour ou supprimer les raccourcis et applications pourraient être bénéfique selon Homewood Santé. Faire une sélection des abonnées que vous suivez en conservant uniquement ceux qui ont du contenu positif, qui encouragent le selfcare et qui évitent de vous comparer à la moindre occasion pourrait également être une solution.

Attention ! Je ne dis pas que les réseaux sociaux c’est ouach-caca. Ils ont définitivement permis d’allier plus facilement les gens autour de causes sociales ou encore de rester en contact avec des amis loin loin. Par contre, je crois qu'Instagram a ouvert la porte à se conscientiser face aux comportements toxiques qui peuvent découler de l'utilisation des réseaux sociaux. 


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