Éditorial : où sont ces jeunes qui ne travaillent pas?

11 août 2021 publié par Laurence Taschereau

Éditorial : où sont ces jeunes qui ne travaillent pas?

Qui n’a jamais entendu un oncle, une tante, un employeur ou une employeuse dire : « les jeunes ne veulent plus travailler aujourd’hui », ou encore « les jeunes préfèrent profiter de la PCU et se la couler douce »?

Le manque de main-d’œuvre criant est largement attribué dans le discours populaire à une lâcheté générationnelle; les jeunes préfèrent continuer à profiter de la Prestation canadienne d’urgence plutôt que de contribuer à Faire-Rouler-Le-Québec.

Déjà, qui définit-on comme jeune? Les sites officiels vont parler des moins de 25 ans, mais tout est relatif et il n’est pas nécessaire de trébucher dans les définitions de boomer, millénariaux, X,Y,Z, qui exacerbe l’âgisme. 

Selon des données de juin 2021 de l’Institut du Québec, les jeunes et les femmes enregistrent les gains d’emplois les plus importants. Ensemble, ils sont à 99% de leur niveau d’emplois pré-pandémie. Considérant que ces deux groupes ont le plus souffert de la perte d’emplois en 2020, pourquoi entend-t-on toujours ce faux discours réprobateur?

Rediriger l’argumentaire

Les feux devraient être braqués sur la lenteur voire l’absence de changements apportés dans les milieux de travail depuis l’ère de l’industrialisation plutôt que sur une poignée d’ados qui profitent de leur été.  

En outre, des vacances, des environnements de travail sains, des heures de travail décentes, ce n’est pas un luxe ni un privilège qui s’acquiert avec l’ancienneté... c’est la base.

Les jeunes ne sont ni lâches, ni paresseux, ni gâtés, ni déconnectés et encore moins idéalistes. L’idée qu’ils et elles ne sont pas aussi travaillant et travaillantes que leurs valeureux prédécesseurs vient du principe que la plupart choisissent de ne plus vivre au rythme de l’Industrie ni de se faire imposer des conditions de travail dévalorisantes.

On ose repenser le travail et la façon de percevoir la réussite, alors applaudissons! Le monde change, la vapeur se renverse et l’employeur n’a plus le luxe d’abuser de la soumission de ses petites fourmis ouvrières d’antan. Si cet oncle ou cette tante avait eu la possibilité de dire non, de demander mieux, de façonner son gagne-pain à sa vie et non l’inverse, il ou elle l’aurait fait. 

Au lieu de blâmer la PCU, ne devrait-on pas pointer du doigt le maigre taux horaire du salaire minimum? Le vrai problème réside bien plus dans le fait que 500$ par semaine soit plus alléchant que la plupart des emplois étudiants.  D'autant plus que c’est cette mesure qui a permis à des milliers de jeunes d’avoir un revenu alors que la restauration – principal secteur d’emploi pour les 15-24 ans – ne pouvait plus rien pour eux et elles.

La rigidité de certains secteurs d’emploi et le manque de vision des dirigeants et dirigeantes qui croient encore que les semaines de quatre jours sont une utopie scandinave sont bien plus aberrants.  

   


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