Retour sur le concert de Riverside avec Carla Bley

06 juillet 2017 publié par Maxime Bouchard

Retour sur le concert de Riverside avec Carla Bley

Riverside avec Carla Bley, 5 juillet 2017, Salle Octave-Crémazie, Québec

Quand j'ai vu le communiqué de presse, j'ai fait « Mahhhhhhh ». Carla Bley à Québec, dans une semaine ! Quelle belle surprise. Je n’en revenais pas. La vénérable pianiste de 81 ans s'amenait avec le quatuor Riverside afin de célébrer le nouveau et 2e disque de l'ensemble, The New National Anthem (Greenleaf). Bien que Bley n'apparaisse pas sur l'album, 3 de ses compositions y figurent et le disque lui est en quelque sorte dédié.

C'est à la Salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre que nous étions conviés pour un concert que j'appréhendais âprement. J'ai bien aimé The New National Anthem et je garde un bon souvenir du passage du groupe à la Sala Rossa en août 2012. J'étais curieux de voir l'évolution sur scène de cet ensemble assez classique…et évolution il y a !

Le groupe se présenta à 20h pile. Bien friqué en noir, Dave Douglas à la trompette s'amena entouré de Carla Bley au piano, Steve Swallow à la guitare basse, Jim Doxas à la batterie et Chet Doxas au saxophone ténor et à la clarinette. Le concert s'ouvra alors avec a très belle pièce Ida Lupino que j'ai reconnue aussitôt. Il s'agit probablement de la composition la plus connue de Carla Bley.

Au total, ils jouèrent 9 pièces avec le rappel pour un concert d'environ 1h40 de très haut niveau. La plupart des compositions étaient du nouveau matériel que l'on ne retrouve pas sur The New National Anthem. Nous avions droit à des premières mondiales ironisa Dave Douglas plutôt en forme et taquin. La majorité des pièces étaient de la main du trompettiste, tandis que Chet Doxas contribua avec View from a Bird (en l'honneur de Miro), Steve Swallow contribua avec un minor blues sur Now and Again et Carla Bley nous a offert les deux moments forts du concert avec sa suite On Holy Mess (clin d'œil à la situation politique aux États-Unis) et la toujours excellente Floater (pièce que l'on retrouve sur l'album Footloose du pianiste Paul Bley enregistré en 1962 avec le même Swallow à la contrebasse !)

Ça prit quelques bonnes minutes avant que le concert prenne son plein envol, le public quand même nombreux me semblait plutôt timide. Par contre, une fois réchauffé, l'on applaudissait les solos. C'est à partir d'Incremental Tango que le tempo s'accéléra, que les solos de Douglas et Doxas prirent du coffre.

La musique de Riverside est généralement ancrée dans la tradition bop, swing, mais aussi moderne (on pense à Jimmy Giuffre dans l'utilisation de la clarinette). Un jazz référencé vers les années 50 et 60, mais actualisé de très belle manière. La qualité de cette musique réside dans la force des compositions (Dave Douglas est ici un maître, notamment dans l'alignement des lignes saxophone-trompette). C'est joyeux, ça groove avec un contrepoint du piano qui vient juste débalancé et pimenter l'action. Bley n'est pas là pour multiplier les notes et les accords, elle parsème plutôt ses interventions. Le jeu d'ensemble l'emporte ici sur la démonstration virtuose des solistes.

La suite On Holy Mess fut à mon avis l'apogée du spectacle. Cette suite nous a permis d'entendre en concert tout le génie compositionnel de Carla Bley. De par son titre et sa vigueur, nous étions devant un jazz résolument americana et engagé, pertinent face au climat politique actuel (et si la musique pouvait aider à changer les choses ?) On reconnaissait même quelques passages pouvant faire penser au Liberation Music Orchestra. Ce fut un privilège d'entendre cette suite en concert et en primeur ! Je note aussi la puissante interprétation de Floater dans une version tendue aux accents modaux. C'était sombre, mais énergique.

Les frères Doxas peuvent être fiers de faire partie d'un tel ensemble de calibre international. Ils récoltent ainsi tout le fruit d'années de travail et d'efforts. Longue vie à Riverside.

 

Carla Bley, piano et compositions

Dave Douglas, trompette et compositions

Chet Doxas, sax ténor, clarinette et compositions

Steve Swallow, guitare basse et compositions

Jim Doxas, batterie

 

 *Photo tirée du Twitter de Jim Doxas


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