Ça ondule à Akousma

27 octobre 2017 publié par Kevin Gironnay

Ça ondule à Akousma

Tu pensais que faire de la musique électronique, c’était frais et moderne ? En fait, tes arrière-grands-parents pouvaient déjà en faire !

Pour la deuxième soirée de son festival, et pour fêter les 75 printemps du Conservatoire de Musique de Montréal, Akousma a organisé une soirée autour de l’instrument appelé « ondes Martenot ». En voici un exemple:

Inventé en 1928 par Maurice Martenot, il est l’un des premiers instruments électroniques (avec le thérémine) et n’a rien à envier à nos synthétiseurs remplis de boutons : un « ondiste » (c’est comme ça que sont appelés les joueurs d’ondes Martenot) joue avec un clavier, comme un piano, mais aussi avec un ruban sur lequel ils peuvent tirer et évoluer de gauche à droite, sans oublier les différentes touches d’expressions et timbres pour modifier le son (à l’image d’un orgue). Tout ça vient aussi avec son lot de haut-parleurs, certains classiques, certains munis de ressorts, de gongs ou de cordes afin de colorer la diffusion.

Cet instrument fête donc ses 90 ans cette année et Akousma lui rend hommage dans les murs du Conservatoire. Cet institut héberge d’ailleurs l’une des dernières classes d’ondes Martenot avec la professeure Estelle Lemire, ondiste et compositrice.

La première partie du concert prend la forme d’un mini-récital d’ondes Martenot par Estelle Lemire. Plusieurs pièces sont au programme et on retiendra surtout le râga du jeune compositeur Gabriel Dharmoo qui a transcrit ce genre musical indien pour l’instrument électronique. Suivant la tradition, un “bourdon” (une note fixe autour de laquelle l’instrument évolue) est diffusé et des cheminements mélodiques sont joués par la professeure du Conservatoire. Le décalage entre les ornementations typiques de ce style typiquement indien et le timbre électronique de l’instrument donne une saveur exquise à notre écoute ! Une autre pièce particulièrement belle est une pièce composée par Estelle Lemire et qui vient décomposer un accord de Sol harmonique : un accord étant constitué d’une multitude de sons, Estelle Lemire vient exposer chacun de ces sons avec son instrument qui lui permet de jouer toutes les subtilités de ces composantes, à la manière de la musique spectrale (esthétique de musique contemporaine développée en France durant les années 1970).

Ce récital fut une très belle occasion pour un public qui a avoué, pour une bonne partie, n’avoir jamais assisté à de concerts d’ondes Martenot, de découvrir les possibilités de cet instrument presque en voie de disparition !

La deuxième partie mettait en scène un duo français appelé Blinded by the dust, composé de l’ondiste Nadia Ratsimandresy et de Nicolas Thirion, qui joue de différents bidules et machins analogiques. La particularité de Blinded by the dust est de proposer une trentaine de minutes improvisées qui arrivent à faire flirter les sons purs des ondes Martenot avec des interventions et des fonds bruitistes. Après une première partie très statique où le timbre des ondes s’étendent et nous installent dans une écoute apaisée, les interventions de Nicolas Thirion nous tirent de plus en plus vers le bruitisme. Petit à petit, les deux improvisateurs s’entraînent mutuellement dans les plus basses fréquences, arrivant même à développer des mélodies graves. Des rythmes, allant presque jusqu’au dub step, accompagnent leur improvisation pour finir vers une diffusion de la voix enregistrée du compositeur et théoricien  John Cage qui parle de son amour du son et de la musicalité du bruit. Regrettant cependant quelques longueurs parfois fréquentes dans l’improvisation qui manquaient peut-être de quelques points de synchronisation et de prises de décisions franches, la voix de John Cage a permis au public de redescendre doucement des sphères inouïes explorées par Nadia Ratsimandresy et Nicolas Thirion.

 


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