Balade dans le monde incongru du Ratchet Orchestra

08 octobre 2018 publié par Christine Beaudoin

Balade dans le monde incongru du Ratchet Orchestra

En arrivant au Cabaret Lion d’Or, une modeste entrée éloigne tous soupçons qu’une salle grandiose se cache à l’intérieur.

Au-delà d’un court couloir qui aboutit sur de longs rideaux de velours, le monde voluptueux d’une autre époque vie encore. Une lumière chaude tamisée trace d’orange les grands arcs qui s’étirent le long de la pièce. La pièce est parsemée de petites tables rondes recouvertes d’un tissu de la couleur thème du Cabaret: un riche rouge vin.

Enregistrement de jazz et conversations entremêlées remplissent l’atmosphère digne des années 50, qui donne l’impression d’être à la veille d’assister à une prestation de Louis Armstrong.

C’est alors que les lumières s’éteignent.

Le président et directeur de programmation du festival, Levy Bourbonnais, prend la parole. Il déclare que cette année, tous les spectacles seront bons, et que huit salles différentes accueilleront les artistes.

«Un ratchet, c’est une clé qui continue d’avancer». C’est ainsi qu’est présenté le Ratchet Orchestra, qui salut les spectateurs avec un rythme discret soutenu de contrebasse et de batterie, accompagné d’un clavier qui ajoute une touche de funk.

Puis, le saxophone se joint. Ou les saxophones? Je ne vois pas de saxophone sur la scène. Mais d’où sortent ces sons? Avec stupéfaction, je m'aperçois qu’ils sont dans la salle et tournent autour de nous dans le noir et c’est à peine si on voit leurs silhouettes. C’est comme s’ils nous jouaient un tour de magie.

Dans une myriade de notes liées de manière difficile à comprendre pour une oreille débutante, les musiciens, alors invisibles, prennent place sur la scène. L’orchestre s’harmonise pour une durée de quelques secondes, puis, rien. Le premier morceau est fini. Que dire! Je suis prise au dépourvu.

Le deuxième morceau est composé d’une douceur qui contraste le premier, mais qui crée des tension dans l’ambiance sonore. Je m’imagine être emmenée en voyage dans les rues de Chicago ou de New York. Cette association au monde réel est de courte durée.

Des bruits de friction se font entendre. Ils proviennent de la clarinette de Lori Freedman. Elle s’amuse avec les sonorités de son instrument comme un enfant s’amuse avec les sons de sa bouche. Le reste de son équipe l’accompagne d’un rythme simple et constant, donnant l’espace à ses folies musicales qui démontrent une maîtrise exceptionnelle de son instrument. Les musiciens ont tour à tour l’espace pour improviser de la sorte.

Vis à vis la musique abstraite du Ratchet Orchestra, je ne sais plus quoi penser, où porter l’attention de mon oreille. Je cesse d’essayer de comprendre, et je cède au concert.

Soudainement, l’orchestre nous joue un ensemble doux, qui rappelle une berceuse. Cette transition est imperceptible, telle une tête remplie d’idées bavardant qui en s’endormant, soudainement s’évade dans le monde du rêve.

C’est alors qu’il y a une accélération, comme si on tombait des escaliers. On se frappe quelque part, on continue de débouler, on culbute, puis on ralentit dans un arrêt final. Ainsi, les chutes des morceaux sont très brèves, sinon abruptes.

Une question me chicote depuis le début du spectacle: avec un groupe aussi nombreux (le Ratchet Orchestra comprend 19 musiciens), n’aurait-on pas besoin d’un chef d’orchestre? Je remarque un des trompettistes faire quelques gestuelles, comme s’il battait le temps. La description du groupe sur le site de L’OFF JAZZ révèle que le meneur serait Nicolas Caloia, un contrebassiste qui «fournit des compositions avec une structure de base d’où émergent les improvisations de soliste et d’ensemble, mettant en valeur les talents spécifiques de ses membres». Ceci explique l’ambiance sonore dont la salle est témoins depuis le début du spectacle.

Chaque membre de l’ensemble Ratchet Orchestra semble avoir de proches liens avec leurs instruments, ainsi qu’entre eux. C’est de la musique explosive, qui accumule beaucoup de tension et qui se résout parfois par une note simple, inattendue, suivie du silence. Revanche contre le rationnel, le Ratchet Orchestra donne l’impression de faire partie d’un monde à part.

Pour en savoir plus sur la programmation de la 19e édition du festival L’OFF JAZZ, consultez leur site web.


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